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Mercredi (26/11/08)
Comme si j'avais du temps de reste
Ca a fait le même effet au final. Même si j'ai tenté des choses tu vois. Finalement, ça n'a pas changé la fin qui devait arriver. Je me suis endormie, seule, en plein milieu du lit après avoir envoyé un message à Pablo. Comme pour me rassurer. Une fin, fatale. Fatalement prévisible.
Clément a eu 21 ans samedi. Je l'ai imaginé boire ces bières avec les Naz et les autres aussi. Je l'imagine avec ce même sourire. Aujourd'hui n'aurait pas dû arriver comme ça, de cette manière. A me dire que ça fait exactement 6 mois, à quelques minutes près, que tout s'est arrêté, comme ça, d'un coup, sans que je m'y attende - et lui non plus ne s'y attendait pas du reste. 6 mois c'est la moitié d'un an tu sais. La moitié d'un an que tous les jours je pense à lui. C'est désolant. Réellement c'est désolant. Quand le stress a fini par me bouffer. J'ai été maladroite et j'espérais. Tellement.
Ecrit par lilou, à 15:09 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Jeudi (23/10/08)
Des atomes qui ne s'accrochent pas assez pour rester

Oui je sais, c'est vrai. Ils ont raison. Et moi j'ai tord. Et moi je me tords de douleur dans le lit. L’air de Paris est froid et me transperce les membres. Tant de choses qui se passent et me dépassent. Tant de vies que je traverse et qui ne ressemblent pas à moi profondément. Ce risque que j'ai pris et qui n'était certainement pas le bon. Vi. était 'en permission'. J’avais l'impression d'être l'épouse qui faisait la cuisine pour son mari qui rentrait de longues semaines à marché au pas. Et c'était si drôle de le voir, lui si je m'enfoutiste, si désordonné d'habitude, replier les draps et mettre de l'ordre instinctivement. Cette nuit à m'endormir, fièvre au corps, en parlant avec lui de ces profs de lycée complètement insipides et mauvais. Se dire que c'est loin. Tout ça. Il vient d'entrer dans cette école ellitiste et prestigieuse, il défilera au 14 juillet l'année prochaine. J'entame cette quatrième rentrée. Et le 11ème m'assomme. Trop de bruit, trop de monde, cette saleté permanente. La nuit suivante je pleurais. De toutes mes forces. Clément me manquait comme il y a près de cinq mois. J’ai glissé contre le mur de la salle de bain, j'ai éteint la lumière et puis je me suis laissée tomber, en sanglotant, flanc et paumes contre le carrelage froid. Clément me passait sur le corps comme un couteau tranchant, couvert de larmes trop tristes et solitaires. Et les artères bouchées, le front chaud, le corps qui transpire.  Et puis l'autre nuit suivante près de Thomas. Bien sûr, j'ai repris cette place à droite. Bien sûr, il y a ces heures d'amphis insupportables. Il y a la Danse que j'ai du mal à caser dans tout ça, et le texte de Zeller que j'ai choisi pour le cours de théâtre. Bien sûr, je me plains, continuellement je ressasse. Oui je sais, c'est vrai. Je ne devrais plus en parler. Mais j'ai l'impression  que tout se casse la gueule et que je n'ai plus la force.

Ecrit par lilou, à 17:23 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Mercredi (01/10/08)
Il est debout sur mes paupières

Lundi 29 septembre 2008.

Tu trembles encore, petite fille. Même avec le temps qui passe, et tu le vois passer quand deux amoureux prennent un petit déjeuner sur la terrasse au bord de ta fenêtre en face le dimanche matin, même avec le temps tu trembles encore. Ton ventre se serre comme la première fois. Ton ventre se serre comme fin mai, début juin et toutes ses nuits sous la paupière ouverte. Tu trembles et tu n'es pas refaite. Tu vois bien que l'été n'en était pas un. Tu vois bien que tout se suit, tout avance ou du moins continue. Une suite, pas forcément logique mais une suite ininterrompue. Sans pause. Ou justement si ; complètement sur pause depuis qu'il est parti. Tu l'aimes, tu le sais, tu ne t'en caches pas. Tu l'aimes et ça fait mal d'aimer. Tu sais bien que tu n'as jamais suivi les modes d'emploi, les recettes, les manuels. Tu as toujours tout fait à ta sauce. A vue d'œil. Mais tu ne vois plus rien. Tu t'es perdue dans cet amour sans plus le moindre retour. Il a aimé entendre ta voix, petite fille. Alors tu as ravalé les larmes qui coulaient derrière tes pupilles. Et non, tu n'avais rien à lui demander en particulier. Juste entendre sa voix, sa voix éthérée. Entendre tout ce que tu avais perdu et qui te manque, chaque nuit de chaque jour. A chaque seconde. Tu serres les dents, ta mâchoire tire. Ça te fait mal. Tu serres les dents pour ne pas geindre. Pour ne pas sangloter que tout est injustement de ta faute.

Ecrit par lilou, à 15:08 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Mardi (30/09/08)
Je ne dors plus tu sais , je veille

J'ai envie d'une cigarette. Une seule. J’ai envie de m'envoyer en fumée, en l'air de ses fumées noires qui bouffent petit à petit - ou peut-être plus vite qu'on ne le pense d'ailleurs. Je retrouve ce vide laissé là à gauche dans la poitrine et l'estomac serré. Je me sens seule. On se sent seul, tous. On boit des verres dans un bar de Châtelet  et on se raconte nos amères solitudes. Jo. regarde par terre, elle lui manque sûrement. C'est toujours écœurant de voir des gens qui s'aiment devoir se séparer. Ju. garde cette confiance déstabilisante sur le corps, mais dans ces yeux la douleur se voit. Et les autres aussi. Nos amitiés ne comblent pas, elles ne suffisent plus. On trinque en se sentant seul. On devrait se dire qu'on a à peine 20 ans et qu'on ne devrait pas souffrir pour ou à cause de quelqu'un. On sait qu'on devrait se le dire. Mais on est con, jeune et con.
Son silence m'obsède encore, encore plus, son absence m'obnubile et sa voix me bouffe de l'intérieur. Je me suis endormie hier, le corps étriqué, en gémissant dans les draps. Et je me suis réveillée ce matin en pensant au temps dans ses paumes. En pensant qu'il n'existait pas de mec voué à exorciser l'amour qui coule dans les veines. Comme le diable. Ils prennent tous les deux au corps. Je me suis dit que j'étais foutue. Parce que je ne l'ai pas le mode d'emploi pour oublier. Je ne devrais pas, je sais. On sait beaucoup de choses quand on a à peine 20 ans.

Ecrit par lilou, à 15:12 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Lundi (15/09/08)
Que sous ton souffle le temps s’allonge

* avril 2005, série avec Amel, myself.

On s'est assis doucement dans le fond. Sans faire trop de bruit. On avait réuni le quatuor de nos 15 ans pour Amel. Hugues était à ma droite, Thomas à côté de lui. J'étais mal à l'aise. Et quand elle a pris la parole, devant toutes ses personnes rassemblées pour lui, j’ai pleuré bien sûr. Hugues m'a demandé si j'étais triste. Encore une fois, les souvenirs passaient devant mes yeux comme un vieux film. Ca m'a rappelé quand j'arrivais aux grands jardins avec ma Mamie - il y avait chaque fois de nouveaux petits chats dans les allées et je crois même qu'il leur donnait des noms, quand le grand-père d'Amel nous poussait à la balançoire et qu'on avait l'impression de voler - il y avait son cousin aussi, il pleurait cet après-midi, comme le frère d'Amel, ses cheveux étaient plus courts qu'avant, et puis les lapins qu'il me montrait, les gros lapins gris. Je me revois caresser les petits chats avec mes mains de petite fille de deux, trois ans maximum. Il y avait de petites tasses de lait devant les escaliers des maisons. Ils font partie de mes plus anciens souvenirs et Amel est une de mes plus anciennes, si ce n'est la plus ancienne, amie. J'ai eu tendance à penser qu'il n'y avait plus que ce passé qui nous unissait à présent. Mais ce passé il était si doux et si innocent. Si tendre si opalin. Et bien sûr la voix de l'Italie dans les bouches de nos grands-parents. Aujourd'hui je me sentais dépassée par le temps. Amel était belle, toute en blanc et courageuse. Elle ne réalise pas encore. Ca arrivera quand elle ressentira le vide. Un grand vide. En arrivant au milieu du marbre, j'ai dit à Hugues que je lui avais menti. Il ne comprenait pas pourquoi je disais maintenant que je ne le pensais pas, je ne pense pas que nous deux on ne soit plus rien. Il savait, bien sûr qu'il savait. Et même si je fais semblant de ne pas comprendre pourquoi nous deux c'est intemporel, je sais que tu vois ce que je veux dire - il m'a dit.

[AaRON, Le tunnel de l'or ]

Ecrit par lilou, à 22:56 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Lundi (23/06/08)
Musique à l'étroit

                        * [Bastille]

Dimanche 22 Juin 2008 – 12H19

Il avait raison. ‘ C’est quoi ce bordel avec l’amour ? ‘ Un grand bordel bien foireux. Un truc qui te donne envie de vomir et d’oublier que t’existes que dans la déception. Je m’enfuis sous silence et la Musique me déçoit. Et puis il avait encore raison quand il disait que Clément était détaché. T’as rarement rencontré quelqu’un d’aussi intelligent et qui te rendait aussi éveillée. Cette impression d’apprendre auprès de lui. Il n’est pas désolé. Mais toi t’en peux plus.

Tu as l’impression d’avoir le ventre déchiré, complètement vidé. Tu entends le creux ronronner au fond de l'estomac parce que tu n’as pas mangé depuis pas mal d’heures déjà. Mais t’y arrives pas. Y’a rien qui passe. Tu tournes en rond dans tes 22m² de solitude - même si Alizée est là, par intermittence seulement. Tu n’sais pas quoi faire. Tu n’sais plus. Tu dis que peut-être aller s’oxygéner au Jardin du Luxembourg. Oui mais de toute façon même l’air est étouffant. Tu t’répètes en boucle que tu n’y arrives pas. A accepter qu’il est parti et qu’il n’a pas envie de revenir. Tu parles de lui 300 fois par secondes et tu penses à lui dans chaque phrase. Et en plus, dans une semaine tu vas rentrer en Province, loin de lui, loin de l’été qui passera sans toi sans vous. T’arrives pas à comprendre parce que vous vous entendez bien, parce que vous continuez de passer des après-midi ensemble, des après-midi agréables comme avant. T’as l’impression que c’est ton premier chagrin d’amour. Et que tu sais pas comment on en sort. Alors qu’au fond tout le monde te le dit. Le temps. Ce connard de temps qui n’en finit pas de te harceler. Il est partout celui-là. Dans les courses de vitesse, dans les 29 avril, et même quand t’es triste. Tu crois que c’est ça. Tu n’as plus envie de jouer à demi-mot. Je suis amoureuse. Pas presque. Je suis amoureuse.

La Musique était un prétexte. Les trottoirs se remplissaient de déchets. Les gens voulaient juste faire une nuit blanche. On m'a tendu des cigarettes toute la soirée. Toute la soirée je les ai acceptée. J'ai aspiré très fort jusqu'aux poumons en sanglotant. La Musique est un imposteur. Un peu de Vodka dans le sang. Des larmes qui coulent, qui s’échappent d’au fond de moi. Pour la première fois devant lui. Je me rappelle à peine de ce qu’on s’est dit. Je le revois manger des bananes, me tendre des cigarettes, craquer des allumettes. Je l’entends me dire des mots sévères. Tu peux me rappeler et je te verrai avec plaisir mais moi je ne te rappellerai pas en tout cas. Il n'a sans doute pas envie de faire encore plus mal. Je m’entends avoir mal putain. Je m’entends essayer de mesurer les mots pour éviter que l’alcool les floutent trop. Il a toujours réponse à tout et le pire c’est qu’il a tout le temps raison. J’ai dit des choses d’amoureuse. J’ai redormi dans les draps dans lesquels tu avais dormi… J'ai marché en pleurant, en aggrippant le bras de PF. Impression que tout s’arrête. Que tout s’est arrêté. T’avances même plus au ralenti. Tu prends conscience de ces deux mois qui arrivent. Et tu sais pas comment tu vas les affronter. Sérieusement. Sourire aux enfants. Donc faire semblant. Tu crois que là, vraiment, tu n’en es plus capable. Le matin, il y a un accusé de réception sur mon portable. Julien. Je me souvenais à peine de ce que j'avais écrit. La soirée revient par bribes. Il m'a demandé pourquoi j'avais évité son regard pendant le concert. J'ai juste répondu que j'avais peur. Peur de quoi? Je n'le sais même pas moi-même.

Il y a des gens capables de prévoir les changements dans leur vie. Moi non. Ils arrivent comme de vrais claques dans la figure.

Ecrit par lilou, à 17:02 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Vendredi (13/06/08)
'Toutes les roues sont faites pour tourner'

Mercredi 11 Juin 2008, 22H03.

Je le vois partout. Dans les vitrines, sur les plaques des rues, dans les cafés. Je passe dans Bastille et tout me rappelle ces deux mois entre ses sourires. Un traiteur chinois, le canal, un trottoir habité par un SDF, un yaourt 0% et le lait écrémé dans le rayon, mon pou qui bat entre mes doigts. Tout. Une parole, un mot, un geste. Une caresse, une manière de dire bisou, une envie de cigarette, une envie de faire l’amour, une envie de transpirer de sensations chaudes, la sueur qui coule dans le bas du dos et sur le front, un réveil matin tout doux. Peut-être qu’au fond c’est ça un chagrin d’amour. Un putain de chagrin d’amour qui déchire le ventre. Le matin, je pose ma main gauche sur la barre et je commence les pliés. J’ai déjà pensé à lui 294 secondes depuis mon réveil. Je commence le port de bras, et je m’applique. Parce j’ai envie de bien travailler pour lui. D'avoir un joli port de tête, un dos bien droit. Les dégagés, les ronds de jambe. Aux frappés, mon esprit commence à divaguer. Les grands développés se font regard au sol. Je remonte une jambe du pantalon jusqu'à la cuisse, la gauche. Les battements droit devant. Je pense à lui mais c’est parce qu’il me manque. Et plus rien ne rentre. Je suis ailleurs. Partout sauf là où je devrais être. On nous martele avec ces examens le dernier jour. Alors qu’on avait envie que d’une chose : enchaîner les variations et transpirer transpirer. On travaille des heures, on pousse les tables contre les murs dans la petite salle du bas, on les met dehors pour faire de la place ou on Danse dehors dans la petite cour de la résidence. Le dernier cours de barre au sol à 08h30 du mat', les yeux encore collés, le dernier cours de classique avec ce prof complètement dingue, le dernier cour de jazz avec cette prof au cheveux oranges. Et on applaudit plus longtemps à la fin de chaque cours, plus fort, on crie dans nos bouches pour dire merci.

Une vingtaine de minutes il y a sa voix. L’appeler alors que je n’avais pas réellement quelque chose à lui dire, à lui demander. Et je pourrais rester là des heures, à parler de la littérature, de ma deuxième année en poche. Pas de rattrapage mais pas de mention. Il me félicite. Et me quitte de loin. De près il n’est plus là non plus. Je pourrais rester là des heures. Lui parler de la nouvelle formation de notation pour la rentrée 2009. Lui expliquer que c’est comme ces partitions de musique coupées par mes appels. Que je voudrais écrire le Danse (maintenant). Ca me rassure les projets. Je voudrais un peu de lui. Juste ça. Alors peut-être que c’est ringard de l’écrire comme ça. Pas eu l’occasion de lui dire. Si simplement. Pourquoi je m’en fais ? Mais parce qu’il me manque bordel, parce que ça me manque de ne pas partager le riz cantonnais avec lui, le voir piquer dans mon assiette, ne pas lire quelques pages sur le lit, ne pas consumer la fin de la bougie rouge en se serrant les corps parce que l'ampoule est grillée, parce que j’en crève de ne pas entendre sa voix me sourire lorsqu’il se réveille après moi, j’en crève de ne pas lui avoir assez tenu la main, de ne pas avoir été assez cool, d’avoir cru que rien n'était grave avec lui, j’en crève de ne plus sentir son corps repu. Encore un de ses mots qu’il m’avait appris. Ses tonnes de mots qu’il m’apprenait. Ses schémas qu'il dessinait.

Je foire tout ce qui passe entre mes mains. Même lui je l’ai foiré. Il critiquait la déco, il arrivait souvent en retard, il nous racontait à ces copains parfois - nos nuits. J’ai l’impression d’avoir autant de souvenirs en deux mois avec lui qu’avec Antoine en neuf, ou six mois peu importe. Celui-là croit toujours que je le désire. Clément est intelligent. Il fuse sous la connaissance. Tandis que lui est complètement pragmatique. Pragmatiquement ennuyeux au fond. Il y a cette jeune fille assise à la fenêtre en face. Elle fume une cigarette. Clément aurait mis ses lunettes, il aurait regardé, il l’aurait fixé et sans doute ne m’aurait plus écouté. On aurait joué un dialogue de sourd quelques minutes. J’aurais crié, il serait venu me faire des bisous sur le visage et plutôt que de le repousser idiotement, je l’aurais pris dans mes bras.

Je n'arrive pas à jeter cette tige de fleurs qu’il m’avait tendu. Mauve. Elle est fanée maintenant. Je la laisse sur la table basse, à côté du pot pourri et de la carafe. Il me manque et c’est déjà trop.

Ecrit par lilou, à 17:33 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Jeudi (05/06/08)
Ma peau pour seul arrhe

Mardi 27 mai 2008. J'ai vu les heures passées devant l'écran. A trainer ici. Et puis chez d'autres. J'avais d'autres Danses à créer mais pas la force. Vraiment pas. Je ne veux pas que le temps de juin m'échappe - nous échappe. Je veux le vivre avec lui. Sur le bord du lit, l'essui-tout absorbe l'eau des pleurs. Ma mère dit que ce n'est pas grave. Elle n'a toujours pas compris que j'étais sensible? Hypersensible. Elle n'a toujours pas compris. Je tue le temps de mai parce que j'attends celui de juin. Bouffer l'oxygène j'espère. Je pense à lui alors qu'aucun plan ne se dessine devant La Fontaine. Il m'avait demandé si ça allait au téléphone. Fonction phatique du "ça va" simplement. Ouais ça va, j'suis dans la merde pour demain. Alors que non ça n'allait pas. Non non non. Je savais que les membres du groupe entendrait la conversation. Alors je n'ai rien dit. Juste Je te rappelle quand tu n'seras plus en voiture.

*

Dimanche 1er juin 2008, 11H40. Ce n’était pas ma semaine. Le temps m’échappe et mes projets aussi. Surtout. Les larmes m’échappent ou restent bloquer à l’intérieur du ventre. Et elles font mal. Le sourire de ces deux mois passés m’échappe et j’en crève de le retrouver, brasser au coin de ses lèvres. Il me manque dans les bras et dans les draps. Il me manque dans les livres et dans ses pâtes en blanc. Il me manque dans ses retards de nuits, dans sa peau endormie, dans son allure de jeune premier romantique. Il me manque dans ces cigarettes à la fenêtre, dans son intelligence et même dans son ambition. Il me manque dans sa sérénité, il me manque dans son fort caractère qu’il cache le plus souvent. Il me manque. Je suis à mille lieux de lui et comment je pourrais bien écrire. J’ai juste peur qu’il ne revienne pas. Qu’il reste de marbre, qu’il n’est pas pensé à moi, du tout, de ne pas lui avoir manqué, rien qu’un peu. Il me manque et ça me bouffe une énergie de dingue. Mai est bouclé. J’avais mis tant d’espérance dans ce mois. Désillusionner. Pour de vrai.

*

Lundi 2 Juin 2008. J'ai rappelé. Je lui ai dit mon mal de ventre. La voix était fine, serrée. Triste en fait. Je retrouve des textes écrits quand il était encore là. Je parle comme si tout était terminé. Définitivement. Alors que cette putain de discussion ne devrait pas tarder. Il rentre aujourd'hui je crois. Aux dernières nouvelles. Il aura profiter du soleil, de ses amis, des bières. Il aura souri. Comme d'habitude. Il aura pris les choses comme si rien n'était grave. Il viendra m'écouter pleurer au creux de son épaule, me rendra Marlowe. A bientôt. Les matins, je passe devant ce bar où nous all(i)ons. Et je baisse les yeux. Sa salive me manque bordel. J'ai pris ces tics de langage, ces intonnations. Sa manière de dire bisou[s], sa manière de passer sa langue sur ses lèvres. L'impatience de le revoir et la peur que tout se termine après ça. Je mets des photos de lui en fond d'écran - comme une gamine de 15 ans - alors que je ne l'avais jamais fait pour personne avant. J'essaie de faire semblant de rire pourtant. Il devait rappeler depuis la plage. Il ne rappelle pas. Je me sens démunie. Comme il y a un an à cette pèriode du presque été. Comme il y a cinq mois. Comme il y a trois ans. Cet espèce d'état constant est pesant. Cette impression que de toute façon ça finit toujours mal. Une sorte de fatalité liée à ma vie. Sans  subjectivité. Vraiment. J'essaie. Je travaille, je fais des projets, je ne manque pas de panache. Et pourtant.

Ecrit par lilou, à 17:40 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Lundi (02/06/08)
Des images de toi j'en vois 25 à la seconde

 * toi

Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j’en vois 25 à la seconde Des images de toi j'en vois 25 à la seconde Des images de toi

Ecrit par lilou, à 18:06 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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Mardi (27/05/08)
Elle voit d'autres ciels à sa fenètre

Ca faisait longtemps que je n'avais pas pleurer pour un garçon. Depuis Antoine je crois. Ou peut-être y avait-il eu que quelques larmes pour d'autres. Je ne sais plus. Je ne sais plus et je regrette. Comme d'habitude. Chacun d'eux m'apprennent un peu plus sur moi. Lui m'a appris qu'il fallait arrêter tout ce stress. Que je m'étouffais toute seule, et que je n'avais pas besoin des autres pour ça. Je réalise que ce n'est plus possible. Qu'il faut faire quelque chose. Des billes homéopathiques du karaté dormir n'importe quoi mais quelque chose. Je l'ai appelé, je n'aurai peut-être pas dû. Certains disent que non, d'autres que si. Je l'ai fait. Et mes larmes ont souri. Juste en entendant sa voix. Sa voix comme si de rien n'était. Alors que moi, toute cette putain de journée, j'ai trempé, souillé les cours de 17ème. Je ne savais même pas la portée du cours. Je sors de ce partiel, conclusion. Baclée, le reste aussi. Partiel raté. Partiels terminés. Je ne m'attendais pas à cartonner. 2h30 à peine de sommeil dans les muscles. Rien dans le ventre depuis quelques jours parce que ça ne passe pas. Rien ne passe. Je ne digère pas le concert, mon manque de confiance, mon orgueil, ses vacances, ses mots tranchants malgré lui. Les mêmes schémas qui se répètent bordel. La même peur, être mal à l'aise et ne pas oser. Et pourtant c'est lui qui partageait mes insomnies. Alors pourquoi ne pas simplement être allée lui dire "Je m'en vais, à toute à l'heure?". Pourquoi ne pas avoir fini dans ce bar au mauritos avec eux? Je n'avais qu'à longer ma rue. Juste ça. Pourquoi ne pas avoir répondu à ces trois appels à 2h du mat'? Petite conne. Débile. Maintenant qu'il file tu t'en veux et tu réalises à quel point tu l'aimes bien.Tu voulais qu'il fasse des efforts mais t'avais pas compris que c'était à toi d'en faire. T'avais pas compris que ton stress, ton perfectionnisme, ta peur de l'échec, l'étouffaient. Ca lui pesait dessus comme sur toi quand il n'est pas là pour te soulager de ça. Tu comprends jamais rien de toute manière, ou trop tard. T'es pas très vive au fond. T'es même complètement à côté de la plaque. T'ironises mais personne ne le comprend. Ils croient tous que t'es sérieuse. Lui le croit sûrement. Et puis faut que tu trouves une solution pour tes tocs. T'a juste envie qu'il rentre plus tôt que prévu pour lui dire tout ce que tu regrettes, tout ce que tu veux changer. Tu te souviens qu'en janvier aussi on t'avait fait réaliser un truc. Et d'ailleurs t'as complètement oublier le 19 mai. T'y avais pensé avant bien sûr, mais pas le jour J. Peut-être parce que t'as admis maintenant. Que t'as tourné la page avec Antoine. Il en fallu du temps. Quatre ans putain. Quatre ans sous silence. Et maintenant t'arrive de nouveau à pleurer pour un garçon.

27 mai. 27 mai et deux mois avant tout pile t'avais bu, t'avais eu ta proie. Et t'as réalisé qu'il n'était plus juste ça. Et pourtant il te l'a rappelé pendant ce coup de fil de 12h52 hier. C'est lui qui m'a eu. Sans le chercher en plus. Je suis naz. Il jouait au jeu du dictionnaire avec ces copains dans la voiture quand j'ai rappelé hier soir. Ils étaient sur la route des vacances. Ils avaient essayer de conduire sans fard. Dans le néant de la vie? j'ai demandé. Et j'avais envie de le voir sourire. De le voir dans sa chemise débraillée et ses cheveux mal coiffés. T'avais envie de lui dire encore que c'était dommage. Qu'il t'a pas laissé le temps de terminer tes partiels et de pouvoir vivre Juin comme l'inverse de Mai. Mai 2008. Je suis déçue. Aucune manif pour célébrer mai 68 avec des grandes jupes à fleurs à Paris. Mai se termine. De toute évidence, j'avais imaginé une autre fin. Et maintenant tu pleures pour lui en espèrant que tu réussiras à changer avec ta main dans la sienne.

Ecrit par lilou, à 15:16 dans la rubrique Quand il fait nuit.
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