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Sur le nu de l'horizon

Il n'y a sans doute rien d'autre à en dire. Sans doute. Les jours commencent à passer comme ces jours d'octobre, ces jours de l'année sans vacances, paupières lourdes, nuits courtes, pages de livres qui se cornent, sourire inversé, ces soirs où l'on rentre complètement vidée. Et pourtant la rentrée n'est encore qu'en p.o.i.n.t.i.l.l.é. C'est vrai au fond. Il y a eu d'abord cette longue semaine et demi à me déguiser, à voir mes échecs me pendre au nez rouge et à m'imaginer des voyages, à improviser en vide actif, à porter un nom de scène, mais à être moi finalement. Il y a eu cette troisième rentrée dans la même Fac, des profs qu'on retrouve, des autres qu'on découvre et un programme qui finalement ne m'emballe pas. Il y a la Danse qui revient petit à petit - elle n'est jamais partie. Ce week-end de répète, les yeux explosés d'avoir trop gémi cette semaine dernière - Clément, ses sourires, sa désinvolture, cet éternel détachement, son blouson en cuir, la terrasse trop froide d'un café, mes mots coincés dans la gorge, cet emballement fascinant pour son Sade, son intelligence toujours trop surprenante, les sécateurs dans mon ventre, tout ça - mais le corps qui prend les mouvements, le corps qui se réveille courbaturé de cette douleur qui me fait me sentir si bien. J'aime ce mal que procure la Danse, je sens mes muscles tirés, coincés mais vivants. Le matin des répètes, mon corps dans sa condition la plus naturelle : un corps travaillé dans la Danse. Et puis je sors parfois de chez moi le soir, pour retrouver des cours ouverts à tous, des cours où je suis presque une étrangère, une Danseuse parmis d'autres. Lundi, il y aura cette autre Fac et aujourd'hui je n'avais pas envie. Pourtant je me rabâche que c'est une chance - une belle chance - à saisir professionnellement parlant. Tu parles. Et puis le cours de théâtre qui arrivera la semaine prochaine aussi, normalement. Il semblerait que je puisse décider d'arrêter par bribes, chaque cours, chaque projets, qu'il n'en reste rien qu'un souvenir fatiguant et usant. Il semblerait que je puisse arrêter tout d'ici Noël. Ou même avant. Il semblerait que je n'arrive pas à rester au même endroit longtemps. Mais avec Clément, je n'avais pas encore ressenti l'habitude, la lassitude, et je ne l'aurais sans doute sans aucun doute, jamais ressenti. Il semblerait que ce qu'il me reste, depuis toujours, depuis le corps, c'est cet éternel et inlassable sourire quand je retrouve la Danse valser dans ma tête après cet été en demie-teinte.

"Mon âme s'harmonisait parfaitement alors avec tout ce qui sentait l'isolement et la tristesse. On était en octobre, cette saison mûre qui tombe dans la corbeille du temps comme une grappe d'or meurtrie par sa chute, et, quoique je sois d'un tempérament peu rêveur , je jouissais pleinement de ces derniers et touchants beaux jours de l'année où la mélancolie a ses ivresses." [Barbey d'Aurevilly, L'Ensorcelée]. Ce matin, le goût de la mandarine derrière moi dans le métro, et l'autre jour ça sentait Noël. Les mois avancent, c'est sûr. Et il n'y a rien d'autre à en dire.

Ecrit par lilou, le Vendredi 10 Octobre 2008, 17:53 dans la rubrique Au jour le jour.

Commentaires :

vig
vig
11-10-08 à 19:31

Et oui la rentrée a bien commencé, et c'est vrai qu'on est déjà fatiguées, on est des petites natures... non c'est pas vrai je pense que tous le monde est comme ça.

J'aimerais vraiment faire de la danse, mais c'est bête, j'ose pas. Toi tu as l'air d'en faire depuis longtemps. Moi j'étais accro à la gym avant mais j'ai arrêté.

Tu ne devrais pas arrêter que ce soit le théâtre ou autre chose, moi je trouve ça bien de faire plein de choses, comme ça ça te permet peut être de penser à autre chose et de te vider la tête ?

En amour,  quand on aime vraiment - mais vraiment, vraiment- alors on peut pas se lasser de l'autre, c'est juste impossible, selon moi.

C'est sur j'aime vraiment te lire.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
13-10-08 à 14:59

Re:

Tout le monde oui. Les rentrées sont fatiguantes par définition. Mais je viens d'en subir une nouvelle ce matin, presque la dernière. Et... ça commence fort! Mon agenda est déjà noirci :(

C'est le moins qu'on puisse dire. Je Danse depuis mes 3 ans. Presque en même temps que savoir marcher au fond. A la Danse justement, il faut oser, arrêter d'avoir peur, se foutre de ce que pensent les gens et y aller. Je t'encourage donc. Mais ça n'empêche que c'est un milieu assez fracassant, frustrant mais libérateur. Mais vraiment vas-y!

Penser à autre chose qu'à lui. C'est presque pour ça que je me suis lancée dans ces doubles licences plus la Danse plus le théâtre. Je me dis que ça risque d'être - juste - insurmontable, mais je vais essayer. Pour l'instant il n'est pas question d'arrêter, seulement de commencer correctement! C'est vrai, on ne peut pas se lasser. Mais tu sais le plus dommage, sais que j'ai une fois de plus cette impression de ne pas être aller au bout de nous, c'est frustrant et ça fait bcp de peine. Ce qui est sûr, c'est que j'aime beaucoup recevoir tes commentaires. vraiment.

Merci.


 
justaimer
justaimer
14-10-08 à 22:44

Tant que tu fais ce que tu aimes. Tant que tu ne te noies pas. Continue et marche droit devant. Quand on est passionné, on peut faire ce que l'on veut, même si ça prend du temps, même si on ne voit plus la fin, parfois, ou qu'on reste sur notre faim. Je sais de quoi je parles ^^. Tant que tu gardes du temps pour toi, toi toute seule, pour ne pas péter un plomb. J'ai l'impression de te dire comment vivre, mais ce n'est pas mon intention. Il y a toujours un creux avec la rentrée, parce que c'est l'instant où tout commence, et qu'on est entre été et hiver. A ne plus savoir, selon les jours. Je ne te souhaite que du bonheur. Merci pour tes mots!


 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
17-10-08 à 13:37

Re:

Tu vois après une semaine, et une nouvelle rentrée, je me rends compte que ces CM interminables ne me plaisent pas. Vraiment pas. Je me rends compte que l'année dernière, à 8h30, j'étais levée pour Danser, et que là, le droit des médias ce n'est pas ce que j'aime. Même si la profession est interressante par la suite. Je me rends compte que je ne tiendrai sûrement pas comme ça longtemps. Alors je me donne encore 3 semaines. Je me rends compte que je veux toujours en faire plus que je n'en fais déjà et que peut-être je sature. Que tout ça n'a rien changé au vide qu'il a laissé et que ça ne comble pas mon esprit toute cette agitation. Je ne garde pas de temps pour moi, je m'en rends compte aujourd'hui, c'est comme si je ne comptais pas. Il faut que j'y remédie.

C'est drôle, l'autre jour je me disais que je ne me souvenais plus des saisons, je ne savais plus où l'on en était. Et ce doit être ça : entre été et hiver. Merci pour les tiens!