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Mardi (17/11/09)
Ma langue à toi

J'étais de nouveau cette fille suspendue au-dessus de la Seine. Une ou peut-être deux semaines après. Voilà, je savais qu'il fallait que je commence comme ça. Et après. C'était peut-être ce jour où tu es tombé au feu orange à l'angle de l'amphi, que tu t'es arraché le coude. C'était peut-être la semaine dernière quand nous nous sommes parlés à peine 12 minutes - malgré les heures d'essayage de jupette et de petits hauts la veille - après le seul cours que tu as pris en plein milieu.

Hier, quand tu me disais que tu avais encore mal au bras, je n'ai pas osé te demander de me montrer de peur de voir juste un peu trop de parcelles de ta peau. Et que mes pupilles se mettent à battre une chamade gênante et dévoilée.
Hier, nous avons passé la journée assis côte à côte, comme ça devient habituel. En fin d'après-midi, la rue Mouffetard était dans un silence de Novembre, et les débats étaient vifs. C'est ça que j'aime cette année avec eux. T'étais là, à défendre tes pensées, à argumenter, tu prenais la parole comme un grand garçon.
Et moi, je suis toute petite, si tu savais, je me retrouve cinq ans en arrière. Mais avoue que je te fais marrer avec mes attitudes de groupie quand je te parle de ces écrivains, de ces réalisateurs. Un autre m'a demandé 'C'est qui qui te fait planer comme ça depuis quelques jours ?'. Aveugle! D'autres ont vu déjà. Je suis suspendue au-dessus de la Seine. Et je suis plaisamment perchée. A tes yeux clairs Alix et ton allure de fin de soirée alcoolisée.

Ecrit par lilou, à 15:44 dans la rubrique Au jour le jour.
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Mercredi (04/11/09)
Donner ma langue aux chats

Le lundi 19 octobre 2009.

'Elle m'a regardé avec des yeux comme elle ne l'avait jamais fait avant.' J'ai trouvé qu'il y avait quelque chose d'irrémédiable dans cette phrase, quelque chose de fatal et j'ai aimé cette fatalité. J’avais peut-être tord. Mais j'avais toujours eu une relation assez fine avec la fatalité et je mettais mise à y penser comme dans un film pour filles qui sort à l'automne.
J'étais une fille suspendue au-dessus de la Seine. Je regardais par la vitre salle du métro aérien et je devais sembler pensive.
J'ai passé la journée dans ces cours d'amphis comme si c'était totalement normal. Alors qu'en fait non ça ne l'était pas. C'était même totalement improbable que cette année encore je passe toute la journée du lundi à entendre s'épuiser le sujet des médias. Je m'étais inscrite pour une année de plus dans une vie qui n'était pas la mienne et je subissais à grandes eaux, ou c'était peut-être à grands bols d'air froid, les mentions du dernier usage de mes probables mauvais choix.

En ce moment je teste, je frappe dans des murs en béton, j'essaie de pousser des portes qui sont fermées à double tour. C'est comme dans l'écriture, c'est comme avec eux les garçons, c'est comme dans tout. Ca ne sert à rien de faire du style de pleureuses, de fille blasée, ça ne sert à rien de dire que je suis fatiguée de tout, de tout ça. Que je n'en peux plus d'être forte et d'encaisser. Que je lâche prise et que je tire des traits sur des gens, sur des raisonnements et sur des ambitions. Ca ne sert à rien de le dire parce que je sais que je ne le ferai pas de toute façon. Parce que tout comme j'avais l'intuition, et ça bien avant la fin du week-end, qu'il allait oublier son livre, j'ai la sensation que ce n'est pas la solution, qu'il faut creuser encore. Je ne sais pas rendre les armes avant l'épuisement, l'absence totale de retour. Je vais au bout du rien.

J'ai passé une bonne partie de la journée assise à côté de ce garçon cynique et qui porte un prénom que j'aime. On avait tous les deux très froid et on parlait de la vie sexuelle sans doute inexistante de cette prof "qui se raccroche". Et quand je lui ai dit que je ne faisais pas le dernier cours, j'ai aimé qu'il me demande doucement avec sa voix grave 'Tu vas Danser?'.

J'aurais pu la mettre au feu ma main pour cette histoire de livre oublié. Mais je ne suis pas là, alors mes intuitions ne servent à rien. A part quand je pressens exactement ce qu'il va se passer.

Ecrit par lilou, à 00:13 dans la rubrique Au jour le jour.
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Mardi (20/10/09)
Oui ça avait bien commencé

* [Jussieu, Juillet 2009]

Nuit d'alcool - 16/17 octobre 2009

Il y avait sa bouche et il y avait ses rêves. Ses envies d’ailleurs qui sont peut-être, au jour où les secondes passent comme des aimants sans comparaison d’ailleurs ; il y avait ses non-sens. Son arrogance futile et les autres, insondables, irrémédiables, indomptables et cons. Il y avait la vie autour et ça n’avait pas d’importance. Parce que les gens dédoublent les hymnes de l’autre qui se prend pour le créateur de toute une éternité qui est en train de disparaître et de s’affaisser dans les méandres du n’importe quoi. Comme ces amants là, ces amants du n’importe quoi qui cherchent dans des relatives, et qui les enchaînent et qui les déchainent sans contrefaçon. Je ne sais plus parce que je ne suis pas douée, je n’ai plus rien à dire parce qu’il n’y a plus rien à en penser parce que je ne sais plus faire parce que le monde est désolant et ne m’inspire pas. Parce qu’il y a des gens qui m’inspirent confiance et d’autres qui m’inspirent tout court.

Pauser des règles mais pour quoi faire puisque rien n’est un jeu ? Qu’une espèce de mélodrame à la con qui nous empêche d’approuver le monde autour. J’ai la vie entre les mains et le désir oui mais je sors de Lettres et je suis formatée comme un mouton à la con que je n’ai jamais voulu être pour paraitre différent, parce que je n’avais rien d’autre à vendre. Je ne suis pas jolie, je ne suis pas intelligente, je suis pire. Je voudrais me déshabiller, de tout, je ne sais pas non plus ce que je pense moi-même, non je ne suis pas normale, je suis banale au possible, je suis BAISABLE, tu vois ce genre de fille que tu peux prendre en fin de soirée après une bouteille de Vodka pure. Il n’y a plus rien plus rien dans mes yeux ni dans ma voix ni ailleurs. Plus rien de fou. Les mecs de 15 ans, ils ont la pureté, la blancheur ; à 15 ans tout naissait. J’écris pour le monde australien, le reste je m’en  branle comme un mec frustré au fond d’un lit blanc.

Justement, il ne me lit pas et c’est ça le plus important. Tu vois c’est bien ça le problème : il y’a plus grand monde à qui se raccrocher parce que les gens me font hurler de rire, ou sourire, ou pleurer. Je voudrais lui dire au monde, que c’est du n’importe quoi. Dans l’embellie, leur connerie épatante. Parce que mon ventre demeure intacte, intacte dans le même ressort. Tu sais cette rage immonde qui gronde depuis ce temps. NON lui il me rassure et me comble d’un bonheur inatteignable que je ne sais pas moi-même. Et lui il a l’air doux assis là-bas, avec un truc rouge entre les doigts, il a l’air vaguement triste, et c’est presque songeur.

Je n’ai pas tout suivi. J’écris pour ne rien dire et alors ?

L’influence tu connais ?

Ecrit par lilou, à 20:28 dans la rubrique Au jour le jour.
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Ca avait bien commencé pourtant

* [Jussieu, Juillet 2009]

dimanche 18 octobre 2009

Il y avait sa bouche et il y avait ses rêves. Ses envies d’ailleurs qui sont peut-être, au jour où les secondes passent comme des aimants sans comparaison d’ailleurs ; il y avait ses non-sens. Son arrogance futile et les autres, insondables, irrémédiables, indomptables et cons.

Ca a commencé comme ça oui. Mais ça aurait dû continuer dans la même lignée. Au lieu de ça, tu t'es assis à côté de moi, à regarder bien plus mon visage à deux doigts de pleurer que ce putain d'écran où j'essayais d'aligner trois mots. Je répondais à ce que tu me disais en tapant vite. Tu me cherchais, tu cherchais la vérité pas vrai ? A ce que je balance tout une bonne fois pour toute. Que je gronde oui, mais au moins sur quelqu'un ou à cause de quelque chose. T'es convaincu qu'il y a encore de la colère à balancer. Tu sais bien qu'il y a un truc à percer, et tu sais quoi, moi aussi je le sais en vrai. Sauf que je suis bloquée parce qu'aujourd'hui je ne sais pas ce que c'est. J’étais bien plus drôle avant, j'étais limite une fille cool. J'rêvais même. Tout ça a changé, le poids des années, des répétitions empiriques de déception et de douleur sans doute aussi. Tu sais c'est l'impuissance aussi qui me bouffe. Y'a ce truc énorme sur ma vie, ce gros mensonge que je nourris de jour en jour. Si je pouvais fuir moi, je le ferai mal. Parce que je me casserai simplement à l'autre bout du monde en pensant que c'est ça la fuite : mettre sur pause, s'accorder un temps de répit pour mieux repartir après. Alors que non, ces envies d'ailleurs ne sont que lâcheté : tout plaquer pour tout refaire. Tu sais ce que j'aimais finalement avec Antov, c'est que c'était lui le répit. Ouais il me l'avait apporté un jour comme ça sans que j’aie trop besoin de payer de ma personne ou de mon corps, sans que j’aie besoin de me forcer à quoique ce soit. Pour le reste, c'est qu'on y rêvait à l'Australie tous les deux. Dans la même direction. On en parlait, on mettait des futurs partout, on vivait de beaux instants qui allaient se transformer en souvenirs, et ça me semblait suffisant. Et le pire dans tout ça, c’est qu’aujourd’hui, on le continue ce rêve. Sauf que lui, maintenant qu’il a décidé de changer vie, il ne doit plus s'en sentir très loin. Ce gros mensonge donc. Et je te l'ai dit, je t'ai dit Regarde la réponse est là. Alors bon de temps en temps j'enrobe un peu les choses. Parce que ça ça ne se dit pas. En fait j'ai peur de faire marche arrière parce que je flippe que tu ne me pardonnes pas d'avoir menti. Quand je dis toi, c’est tous. *

Je suis beaucoup plus tactique que ce que je n'en parais. On en revient toujours à cette idée de la jouer fine. Faire semblant, jouer le naturel. Mais là, pour la première fois, je crois que je me suis pris les pieds dans le filet, mon propre filet bien sûr. Y'a une caméra posée là, et je ne sais pas bien ce qu'elle filme. Tu l'as plantée une ou deux fois sur moi et je me demande bien ce que ça donne en apparence, ce que je rends comme image à l'écran. Si l’on voit ce que je suis ou ce que je fais semblant d'être. J'en avais presque oublié. Les sensations. Bizarrement, j'ai eu plus peur qu'avant. Avant, y'avait pas grand chose à lire. A part deux ou trois blessures adolescentes. Mais tu l’as braquée sur moi et  j’ai eu l’impression que c’était comme un flingue pour me faire avouer. Aujourd'hui, je flippe quand on me filme, je flippe que ça fasse comme boire dans mon verre et qu’on y lise mes pensées.
Peut-être qu'au fond, je suis plus maligne que ce que je pense. Mais n'empêche, je n'ai pas aimé comme elle donnait froid cette discussion, à l'angle de la rue Saint-Jacques, dans mon 5ème arrondissement. Ce quartier, c'est tellement bon. Il est en moi depuis le début à Paris. Quatre ans aujourd'hui. Quatre ans que je m'y sens bien et privilégiée d’arpenter ces milieux étudiants. C'est juste que quand je passe devant le Panthéon, je pense à la culture, à Hugues, à Amel aussi parce qu'il y a Bruel qui traîne par là. Je lui disais, cette rue, c'est comme dans la chanson. Mais non vraiment, je ne sais même pas si j'ai déjà pleuré avec quelqu'un à sept heure du mat' dans les rues. Je ne sais pas s'il est nécessaire de dire que je suis rentrée le ventre plein de larmes, les yeux et les joues noirs. Il faudrait que je réfléchisse à tout ça aussi. Parce que faire à l'envers, c'est exactement cette sensation là en ce moment et encore plus la nuit dernière. Le matin se levait aux aurores et moi je baillais d'idéaux foutus en l'air.
Mon monde est bancale, mon monde perd le nord, il est à l'envers et ça donne le vertige. C'est bien qu'elle soit enfin vide cette bouteille de Vodka : on va pouvoir enfin passer à autre chose.

* Aurai-je l'élégance de savoir me faire pardonner?

Ecrit par lilou, à 20:26 dans la rubrique Au jour le jour.
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Dimanche (04/10/09)
Plus de son, plus d'image

Jeudi 1er octobre 09.

Aujourd'hui c'est octobre et septembre n'a pas encore eu lieu je crois. J’écrivais des neufs sur les chèques ce matin et j'essayais de ne pas compter jusqu'à huit ce soir. Juste écouter la musique. Balanchine disait Voir la musique et écouter la Danse. Je ne sais pas bien quelle place j'occupe dans la Danse, dans le milieu aujourd’hui, mais je sais davantage celle que j'occuperai demain. Mais la place que je voudrais vraiment occuper, je l’ignore. Ca fait un bien fou de sentir son estomac vide mais son ventre rempli de Danse jazz, de plié, d'after beat, de patting, de double tour et d'espace. Oui le prendre jusqu'à en bouffer celui de l'autre qui n'avance pas devant.

Septembre n'a pas eu lieu. Un mois pendant lequel je me suis sentie là. Dans l'absence. Ce n'est même pas l'attente non. Quand je réponds aux messages qu’on m’envoie, je ne sais pas bien ce que j'écris. Ma concentration est ailleurs. Quelques secondes après avoir appuyé sur ‘Envoyer’ j'ai déjà oublié, les destinataires, les mots écorchés. L'absence, inactive et fiévreuse. Les seuls sentiments que j'ai pu, que j'ai réussi à ressentir ont été la déception. C'est assez affreux de se sentir un organisme juste poser là, dans un silence inconfortable. Poser là comme en pleine jungle mais être résolument transparente et ne même pas se faire bouffer par les autres. Le seul prédateur, le seul vrai prédateur, ça a été moi-même. Et l'attachement insondable que j'ai dans les gens.

Tout est une affaire d'évidence. On ne s'en rend jamais bien compte mais les réponses sont là. A l'intérieur de nous, dans ce qui se dégage de nos peaux, dans les relations intermédiaires. Tout pourrait nous sourire. C'est une question de référentiel merde. Je ne sais plus qui me disait l'autre jour que c'était ça le bonheur, la facilité des choses simples. Mais non putain. A moi ça ne suffit pas. Déjà parce que le bonheur est inatteignable, au mieux on l'effleure. Ensuite parce que ce n'est pas ça mes rêves : passer de bons moments en déjeunant auprès des gens avec qui je me sens bien. Ca ce sont des petits contentements, à prendre bien sûr. Mais non ce n'est pas suffisant. Juste la douce efficacité des choses simples, il paraît que c’est ça la vie. Je finis par croire du reste que je suis mégalomane. Et alors ? Et enfin, même quand j'aurai frôlé le bonheur, ça ne me suffira plus. Parce qu'en plus d'être perfectionniste, je suis une éternelle insatisfaite. Et après ça, on se dira que la seule évidence dans tout ça, c'est qu'on a bien sauté un mois de vie. De v-i-e.
Je pousse mon corps à bout mais je ne sais pas ce que j'en fais. Je dois me lever tôt mais je ne me rappelle pas de ce que je fais de mes journées. Il y a quand même la fatigue et les yeux noirs d'insoumission. J'étais posée là devant les grilles du Luxembourg. Et la situation était l'exacte métaphore de ma vie en ce moment. J'avais donné rendez-vous à quelqu'un qui n'est jamais venu, qui ne viendra jamais. Qu'est-ce que ça va donner? Je m'en fous de savoir ce que nous on va donner. Je veux savoir ce que moi, ce que cette putain de différence vont donner. Je pose des mots dessus aujourd'hui, sur ma différence. Ce n'est pas la Danse, ce n'est pas l'Art. C'est bien ailleurs. Mon caractère, être, ce que je suis, la vision du monde, des gens, des objets. Le doute et l'incertitude ne sont qu'un couple pour les fillettes blondes aux yeux bleus qui se cherchent dans le regard des autres, de l'autre qui s'en fout total, de celui qui ne la regardera jamais aussi bien qu'il se trompe de moi.

Les temps sont durs pour elles, les fillettes. Elles résistent tu sais. Encore un peu m'ont-elles dit. Et je ne sais pas comment elles font.

Ecrit par lilou, à 19:46 dans la rubrique Au jour le jour.
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Mercredi (30/09/09)
Etre là, au sud de nulle part

Je ne sais pas comment je vais faire. Je veux dire sans lui. Depuis qu'il s'est tiré, il ne se passe rien, je ne passe rien, je ne fais rien bouger. Je reste là, insatiable et latente. Dans cet état d'avant que je croyais avoir quitté. C'était trop facile. L'avoir rencontré passer une soirée dans le couloir à la fenêtre d'un appart de Châtelet tous les deux se revoir plusieurs heures d'affilées et commencer à découvrir Paris avec ces yeux à lui sa copine qui le lâche quelques messages pour entretenir la relation se revoir visiter le Paris des touristes se déclarer au bord des quais de Seine se faire des toiles jouer et retenir sa respiration dans le lit bouffer son oxygène manger des glaces et avoir des cailloux dans les spartiates ressentir qu'on se ressemble qu'on est comme un calque posé l'un sur l'autre subir l'arrêt de cette histoire qui, je le ressentais, allait être si bouleversante - oui parce qu'elle aurait changer beaucoup de choses. Ses doigts m'ont transpercé le corps comme aucun autre ne l'avait fait. Je ne mentais pas, je ne trichais pas, s'en était presque trop parfois. J'en avais presque mal tellement c'était bon. C'était un mardi, le 11 août, c'était un mardi. Il m'avait dit que je le fascinais. Alors qu'en fait lui et moi, c'est pareil.

Je commence à ressentir le manque, oui parce que c'est bien de cela dont il commence à s'agir. Je manque de lui. Je manque de sa tendresse. Je manque de nous aussi beaucoup. Demain, je voudrai lui demander de dormir avec moi. Mais je crois que ça ne se fait plus maintenant. Seulement ça me semble tellement naturel. Nous deux. Je veux dire je ne comprends toujours pas et sans doute que lui non plus. Je ne me suis pas rendue compte, au début, quand il avait tout arrêté en cours de route. Et puis après, il y a eu ces jours entiers à me réveiller en pensant à lui, à fermer les yeux en imaginant nos deux corps s’endormir ensemble. D’habitude, je n’aime pas forcément dormir avec quelqu’un d’autre. Mais je ne sais pas, il y avait tellement de douceur dans notre été. Je me levais au dernier, tout dernier moment, histoire de profiter depuis l’intérieur. Parce que le sentir me faisait du bien, l'impression que dans ces bras j'étais quelqu'un.

C'était trop facile. Ce changement qui arrivait, ce changement que j'attendais depuis 4 ans, il ne pouvait pas aboutir avec cette rencontre évidente, claire, et bleue. Petite conne, ça ne t'arrive jamais comme ça. Aussi calmement, aussi simplement. Bien sûr qu'en la facilité je ne crois pas beaucoup. Je ne fais pas depuis. Parce que je passe le temps dans une mélancolie assassine. Je me force à être efficace dans la solitude. Ca ne marche pas. Je ne suis pas constructive, je ne suis pas rentable. Je sais qu'il faut faire même si c'est pour défaire après. Mais là vraiment, c'est trop pour moi.

Ecrit par lilou, à 02:24 dans la rubrique Au jour le jour.
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Samedi (19/09/09)
Fly away

L'été fait la résistance aux années de froid dans les coeurs d'enfants qui se sentent seuls dès que l'hiver arrive trop vite. J'ai passé la grille  du jardin gorgé de soleil sur les coups de midi pour ramener les CDs et elles m'ont dit 'Tu as mangé? Assis toi'. Et c'était bon, juste bon de prendre un peu son temps même si j'aurais dû refuser pour aller travailler cette putain de variation d'examen. Je me sens étouffée en ce moment. Mais là, je ne sais pas. Il y avait quelque chose dans l'air. Quelque chose d'insoumis et de purement simple. Quelque chose à ma portée. De la facilité, ce genre de facilité qui m'est inhabituelle. On parlait Danse, de la Compagnie, de concours chorégraphiques, de compagnies en résidence dans les théâtres, de Paul, le bébé qui a aujourd'hui six dents et qui sait marcher. Ce n'est pas seulement que je viens de rentrer de ce déjeuner improvisé, qu'il y a une apologie des Beatles dans le poste CD de mes années collège ou lycée, ce n'est pas seulement que je suis assise au bureau sur lequel je n'ai jamais vraiment travaillé, sur cette chaise en culotte. Ce n'est pas seulement le velux qui réfléchit si fort les rayons du soleil de septembre. Ce n'est pas seulement que je suis seule dans cette ville inhabitée. C'est de la douceur, qui donne envie de réponses simples et particulières à la fois. La beauté des choses simples, et accessibles. Trois accords, quatre voix qui se mélangent dans les c(h)oeurs et on en comprendrait presque l'anglais et les textes avec eux. C'est juste ainsi soit la vie. Simple, efficace, rigoureuse et preneuse. Juste là, dans le superficiel du profond. Pas des grands intérieurs et toutes les questions qui épuisent. Juste au bord de l'essentiel, de l'inévitable si on veut parvenir au calme. Juste être là, dans un léger sourire qui donne envie. J'attends 16 heures pour la première répète de la quatrième saison avec la Compagnie. J'attends et j'ai hâte. C'est toute une histoire.

Ecrit par lilou, à 14:58 dans la rubrique Au jour le jour.
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Samedi (29/08/09)
La tête qui tourne à l'envers

Le 03 juillet 2009.

Tu sais ça doit être ça la vie. Au fond. Parce que j'aime bien le fond des choses. On (ne) dirait pas comme ça.  

Mais cette superficialité qui transparaît de moi, de mes fringues, des traits noirs sous les yeux bleus, des foulards bleus de petites bourges noués sur le côté. Ca doit être ça. J'ai la tête qui tourne à l'envers. Pourquoi je ne m'endormirai pas en étant fière de moi ce soir? La réponse est si simple Bon sang! Oui c'est ça mon sang est si bon, un élixir que j'offre trop peu. La confiance ça vient du sang. T'as beau porter des chemises brillantes comme l'autre en photo sur la chaise à côté du bureau, t'as beau chanter que je sonne sonne sonne là-bas dans ton cœur. La mélodie finit toujours par s'arrêter. Et j'écris pour toi, toi oui. J'écris pour que tu lises des mots saoulés de bon sens et de bon vin blanc. J'étouffe dans ma raison. Si seulement tu pouvais le voir, le sentir et le saisir. Je vais m'endormir avec le contentement comme il disait, Clément. Le contentement de n'avoir pas subi l'échec de la Danse une fois de plus, mais juste voir "ADMIS". Oui, je voulais être seule. Parce que je ne pensais pas tout ça. Tu sais. Parfois c'est difficile d'être cette fille qui a si peu confiance. C'est dur d'être la seule (à faire semblant) de croire en soi. Alors oui je suis écœurée de voir des talents passionnés gâchés.

Oui, je ne marche pas droit. Et je suis fatiguée. Si épuisée d'être ce que je ne suis pas. Si tu pouvais savoir. (02h17)

Pleurer. Ca n'arrivait tellement plus. Pleurer et puis s'endormir. Les autres ne le voient pas tout ça. Tu sais toi comme je camouffle, comme le corps lâche. Quand je dis le corps c'est tout. La beauté, les tailles 36 des robes que je porte encore, les larmes, les dérisions, les infernales évidences.

* M'endormir et penser un jour à Aaron, à Ydow, à Martin et cette petite fille qui fera de la Danse. *

Ouais je me casse demain, dans quelques heures, et je vais en crever. Tu sais faner à petit feu. Faner oui tu sais.

Le bordel est incommensurable. Je déteste cette vie d'indécision. Je déteste chercher l'évidence, éviter la réflexion.

De l'eau sur ma peau et des mots nouveaux. L'envie de tout envoyer en l'air de ce soir, de cette nuit.

Envoyer et ne jamais rattraper c'est bien tout. (02h27).

Tu sais, je viens de comprendre. Tout doucement. C'est la confiance qui a tout fait foiré avec Clément. Voilà ce que je suis et qu'il n'était pas. Une meuf foireuse. "Il avait l'air d'être un gars sympa". Ben ouais il l'était. Mais tu flippes. Peut-être encore plus que lui de tout faire foirer de t'engager dans un pacte qui mettrait la Danse dans un degré d'importance inférieure. Petite conne. Réagis! Et sois sincère avec toi-même pour une fois dans ta vie à toi. Tu as ignoré cette année. C'était bien plus facile que d'affronter tes problèmes techniques. Bien plus facile. Tu dors debout. Tu t'épuises. Tu cherches une issue de secours. La porte au fond du couloir. Ce n'est pas de toi, les issues de secours ne sont pas de toi.

Ouais j'ai plus eu peur de dire que je l'ai eu, dans la peau, ce mec. Mais c'est fini, ça s'est évaporé. Comme le marquis de Sade. Tu pleures, il ne reste plus que ça. Ton haleine sent le vin chaud. T'écoute une sic foireuse, ton haleine c'est celle de l'alcool. Tu dors debout/dehors. Le sourire des photos. Celle-là, sur la chaise, elle te fait gerber.

Et puis merde! Tu rentres au CNSM BORDEL.

Tu n'es qu'une ingrate. Tu ne comprends pas bien mais tu as mal au ventre. Tu perds peut-être l'homme de ta vie. Et toi tu ne fais que pleurer. Les réponses ne sont pas dans l'eau. Tu te protèges dans le fait de te fermer aux autres. Ne pas te raconter surtout. Mais tu ne comprends plus que c'est dans le dialogue que ça peut marcher tout ça.

Fin de merde. Tu t'élances et tu NE REVIENS PAS.

L'Australie, c'est la fuite.

Je le sais bien. (02h55)

Je m'enfonce doucement. Peut-être qu'au fond il n'y a que lui qui puisse me rassurer rattraper.

Tu sais lui là. Sous l'OMBRE DE NOS PAS QUI CONTINUENT SANS NOUS.

Ecrit par lilou, à 01:49 dans la rubrique Au jour le jour.
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Mardi (18/08/09)
Soif d'Idéal

Juillet 2009. 

J'veux un amoureux qui soit Danseur, qui rentre le soir plein de fatigue dans le corps, qu'il est la sensibilité des Artistes. J'veux un mec qui me dise "Viens bébé, j'te prends sur ma moto, on ira dormir sous les étoiles en écoutant Dylan et les Stones!". J'veux que ce mec me fasse faire le tour du monde rien qu'en jouant trois accords sur sa guitare recouvertes d'autocollants vieillis. Un mec qui me fasse dormir à la belle étoile, qui fait défiler un cinéma plein air rien qu'avec les histoires qu'il raconterait. J’veux un amoureux bourré de tendresse. J’veux l’évidence. J’veux un garçon bien. Je veux un mec en blouson de cuir qui porte des lunettes noirs comme Dutronc, qu'il est ait un piège à fille, un piège tabou, un joujou extra qui fait crac boum hu. Que je sois la seule retenue par ses griffes. J'voudrais qu'il me parle de cinéma comme lui savait le faire. Je veux un amoureux en velours. Un amoureux qui me prenne dans ses bras le soir quand je rentre après lui. Je veux amoureux qui ait une brosse à dent chez moi et chez qui j’oublie des boucles d'oreille sur la table de nuit. Je veux un amoureux qui vienne me voir Danser. Je veux amoureux avec qui passer des samedis parisiens et ensoleillés sur le Pont des Arts. Je veux un mec avec qui on irait fumer des joints sur la tombe de Jim Morrison au Père Lachaise. J'veux un amoureux qui m'attende sur le canapé quand je me fais belle pour aller dîner. J'veux un amoureux avec qui préparer un voyage pour Florence parce que j'ai toujours voulu y aller. J'veux un amoureux qui prennent des billets à l'improviste et qui m'emmène en week-end. J'veux un amoureux qui me fasse découvrir Paris différemment comme Antov. J'voudrais qu'il me dise ma petite poupée il n'y a que toi qui compte quand je suis triste. Je voudrais qu'il me fasse rire des heures et d'autres heures entières. J'voudrais lui apporter, avoir la sensation d'être importante pour lui, d'être indispensable dans ses nuits de froids. J'voudrais qu'il puisse m'appeler à 03h56 les nuits où. J'veux un amoureux qui est le détachement de Bertignac et son romantisme rock'n'roll qui me donne envie de le prendre dans mes bras trop courts à chaque fois que je l'entends chanter. J'veux un mec qui sache de quoi je suis capable et qui me pousse vers le haut. J'veux un amoureux qui ait les yeux de Léo, mon Ange – il l’est  encore. J'veux un amoureux qui est un prénom court, Louis, Evan, Téo, Luc. J'veux un amoureux qui est un prénom peu banal.

J'veux un mec qui est le cœur d'enfant et l'innocence de B. J'veux un mec chou comme Patxi, qu'il ait ses mélodies. J'veux un garçon qui ait la belle gueule de Di Caprio, qu'il ait les yeux sombres et la jeunesse de Grégoire Leprince Ringuet et qu'il ait ce quelque chose de parisien de Louis Garrel. J'veux un garçon qui écrive des films comme ceux de Klapisch, qui soit captivant comme Xavier Duris, qu'il est la même verve qu'Honoré. Bien sûr, je voudrais qu'il ait les mots de Zeller, Florian, oui ses mots. J'veux un amoureux qui sache m'apaiser, un amoureux qui mette la distance entre ma tête dans les étoiles et mon état dans les nuages. J’veux un amoureux qui compose comme Raphaël, qui me serve de la Vodka glacée en chantant qu'il ne faut pas qu'on parte fâcher.  J'veux un amoureux qui m’apprenne la confiance. J'veux un amoureux de qui je ne me méfierai pas. Je veux un amoureux à qui je dirai Je t'aime pour la première fois. Oui parce que je ne l'ai jamais dit encore. J'veux un amoureux qui m'emmène au théâtre et qui m'emmène Danser la salsa aussi. J'veux un amoureux. Je veux un amoureux qui ait l'intelligence de Clément, qu'il soit aussi brillant que lui. J'veux qu'il ait son corps - son doux corps ferme élancé et fin. Même s'il n'est plus aussi pur qu'il était quand. Même s'il était un peu détraqué à l'intérieur. J'veux un amoureux qui s'habille tout en blanc l'été et qui porte du lin. J'veux un amoureux qui ne m'empêche pas de me saouler au vin blanc. J'veux un amoureux qui sourit quand il m’entend avec mes copines. J'veux un amoureux qui me trouve jolie. J'veux un mec qui aime quand je suis fatale. J'veux un mec qui me donne envie d'être femme, séductrice et charmeuse quelques fois. J'veux un amoureux qui me fasse l'amour avec de l'imagination. Je veux un amoureux avec qui je lirai le même livre à voix haute.

J'veux un mec Rock'n'Roll. J'veux un amoureux surfeur, qui rêve de chevaucher la vague, le vent dans les cheveux salés. J'veux qu'on ait l'air ringard des fois parce que trop amoureux. J'veux un garçon rempli d'éternité. J'veux un mec du même âge que moi. Un garçon immanent. Un garçon incandescent. J'veux un mec qui est son dédain. J'veux un mec qui me donne envie de partir en cavale quand il braque ses connards de droitistes. J'veux un gaucho - forcément. J'veux un mec pour la nuit. Un garçon qui m'écrive des chansons, qui me fasse des dédicaces sur scène. J'veux un garçon classe qui porte des pulls Ralph Lauren col en V. J'veux un mec plein de défauts, plein d'inconvénients. J'veux un amoureux qui observe comme Julien, qu'il analyse comme Julien, qu'il sache d'avance comme Julien. Je veux un amoureux en chocolat aussi. Je veux un amour qui dure toute la vie. Je veux un amoureux qui m'appelle mon Amour quand il me dit que son cœur bat la chamade, mon Amour quand il me demande de lui passer le sucre, mon Amour quand il me prend sous les draps, mon Amour quand on se dispute très fort, mon Amour quand il m'endort. Je veux un amoureux qui me prenne avec douceur parfois, avec violence d'autres fois. J’veux un amoureux qui comprenne que moi aussi j'aime les fleurs même si je vis dedans depuis toujours. J'veux un amoureux qui rigole avec mon père l'été sur la table du jardin. Qu'ils boivent du Limoncelo tous les deux en parlant de tout, de rien. J'veux un amoureux qui me donnera envie d'être maman. J'veux un amoureux qui aime le piano, qu'il en joue. J'veux un garçon pour les dimanches matins. J’veux un play boy. J'veux un garçon qui n'est pas un corps trop dessiné, pas trop de muscle. J'veux un petit minet qui mette des slims, j'en veux un comme les BBB.

J'veux un garçon qui m’attende dans un bar des 70', où il y est un juke-box qui chante Tous les garçons et les filles de mon âge. J'aurais un béret de côté, et une jupe plissée queue de cheval. On siroterait un seul verre de menthe à l’eau avec deux pailles en se regardant dans les yeux l'un dans l'autre, love, et surtout surtout peace. Je voudrais un amoureux qui me prenne la main dans la rue, un amoureux qui mettent ses bras autour de mon épaule en chopant mes doigts, comme Clément faisait. J'veux qu'on s'échange nos rêves même si souvent les siens m'ennuieront. J'veux un amoureux qui comprenne ma vision des choses, qui accepte mon pessimisme sur le court terme et mon optimisme sur le long terme. Je veux un amoureux qui comprenne la Danse, qui comprenne ce qu'elle est pour moi, qui comprenne que ça ne changera pas que ça ne peut aller quand s'accentuant, qu'il comprenne qu'elle est plus que tout pour moi, et plus que lui - bien sûr.

J'voulais que ce soit Hugues, parce qu'il n'a rien de tout ça.

 

Ecrit par lilou, à 22:31 dans la rubrique Au jour le jour.
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Mercredi (29/07/09)
Avouez que je vous ai bien eus

Je ris en douce, seule. Je ris en colère. Je mache en colère. Je me moque en colère. Je ne le fais pas méchamment. Je réécoute Souchon parce qu'il est peut-être une solution à la sérénité. Je cherche mes mots. Je ne trouve pas ceux pour raconter ces derniers mois. Et sans doute encore moins ces derniers instants au Canal de l'Arsenal ou sur les quais de Jussieu. Je suis en plein dans l'impatience. Je ne supporte plus vraiment tous ces enfants qui cherchent le jeu à longueur de journée. Je voudrais réapprendre à jouer et à faire des coups en douce comme eux.  Il n'y a peut-être que le petit Maxime qui me fait penser à Hugues, à nous, à plus tard. Le reste me fatigue et n'est pas ancré dans ma vie. Il ne lit pas, moi je lis toujours. On s'endort s'en savoir. Mais on s'endort. On Danse en se demandant qui l'on pourra bien servir un jour, quel esprit de quel chorégraphe on interprétera, on Danse et on doit s'attendre à ce que ça ne serve à rien, qu'on ne serve pas la Danse au final, la vraie, la belle, la puissante. On zone et on a mal au ventre d'avoir trop bu. J'aimerais la fraîcheur de ces filles de 15 ans qui se prennent en photo et portent des vêtements fluos pour l'occasion. J'aimerais beaucoup de ce que je ne suis pas. Je prends consicence de la colère et de l'arrogance en moi. Je n'en veux plus parce que la solution n'est pas là. Je voudrais redevenir opaque - je ne l'ai sans doute jamais été. Je voudrais que tout ça serve à quelque chose. A quelque chose de bien.

J'ai ressenti à nouveau ce que c'était que d'avoir mal. On se dit que ce n'est pas ça l'amour. Que ça ne doit pas être ça. C'est plus simple elle dit. Je réponds Je ne sais pas, je ne connais pas. J'ai dû l'avoir vécu vite fait je me rappelle de la complicité avec Antoine et comme c'était bon. C'est tout. Peut-être que ça y ressemblait finalement. Ils coupaient l'herbe fraîche cet après-midi, en face du château où les enfants s'endorment. Ca sentait de cet été de jeunesse qui aurait pu être agréable. Ca sentait comme quand on ne pense pas encore aux examens au printemps. Ca sentait la tendresse mais ça n'a duré que quelques instants.

Tout est court. Dans la douceur tu sais, tout est toujours trop court. On voudrait que ça dure mais. Ces mains spontanément dans mon dos quand il se réveille sont courts. Les mouvements de la Danse dans le corps sous les affres de la respiration qui se coupe sont courts. Voir le chiffre sur la balance qui a inévitablement baissé c'est court. Le joint consumé sur un petit lit et les génériques de notre enfance qui ont suivis, c'était trop court.

Avec toi c'était court, il n'y a que le scénario qui s'inscrit dans le temps. Mais la chair, le vrai, la vérité du jeu, elle, elle est toujours trop courte.

Ecrit par lilou, à 23:13 dans la rubrique Au jour le jour.
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