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Perdue dans son exil physique et cérébral

Depuis des années, on nous apprend à structurer notre pensée. A bien tout assembler. Mais non, la mienne, toujours réfractaire à l'ordre bien établi, s'évertue à être en vrac, à jongler au domino dans ma tête. Les problématiques ne m'ont jamais servi. Je les inscrits toujours une fois mon devoir terminé entre un vague paragraphe introductif qui donne l'impression d'être dans le coup et l'annonce du plan. En trois parties bien sûr. Arriver à une dialectique de l'esprit et une logique effrayante. Parce qu'elle l'est toujours un peu, effrayante. Je ne crois plus à tout ça. A ces manières d'apprendre bien trop structurées pour l'esprit humain. Je n'y crois pas autant que je ne crois plus à l'aléatoire et le manque de méthode avec lequel on nous demande de réfléchir, de pondre des pages sur un artiste post-moderne.
Je me dis qu'il faudrait essayer de tirer profit de cette Fac, de ces enseignantes et de ces enseignements. Je me dis Allez investis-toi, fais semblant au moins. Fais des sourires. Montre ton intérêt. Mais je rame. Etre à fond partout je ne sais pas. Il y a le Conservatoire où là je ne simule aucun des plaisirs que chaque cours, chaque studio immense, chaque nouvelle notion sur les lignes de mouvement, le rythme, les fermetures des pieds, la relation à un objet, à la barre, m'apportent. Ce plaisir intense et souvent solennel. Ce plaisir dont j'ai peur qu'on me coupe les vives, qu'on m'arrête en plein milieu comme ça risque d'arriver. Qu'on m'empêche de jouir de tout l'apprentissage du système d'écriture qui me nourrit depuis septembre comme une nouvelle langue, l'originelle. Qu'on me frustre en me stoppant juste avant de. Comme ce que je leur fais. Parfois encore.
Tu vois ce que je préfère dans les relations à deux, ce n'est pas l'aboutissement du sexe. C'est l'avant bien sûr, la séduction, le Je n'sais pas si je lui plais, je n'y vois rien. C'est ça que j'aime le plus. Parce qu'après il y a ce moment où il faut se donner et avant ça encore le rôle à jouer. Jouer que c'est plaisant et agréable - il ne faudrait pas faire foirer le premier moment un temps soit peu intime quand même. L'autre nuit avec Justin, je me disais que le plus important dans tout ça, c'était juste de sentir qu'il en avait envie, qu'à ce moment précis, il avait envie de bouffer ma peau. Le reste c'était en plus, du surplus. Et je voulais que ça se termine vite. Mais au fond c'était moi, oui parce que je lui avais plus, mon caractère surtout je crois et la jupe et les bottes aussi. C'était moi, mais dans quelques jours ce sera une autre. On se donne, on ne se déchire pas parce que la chair n'est pas atteinte. Juste la peau en mouvements inconséquents. Et ça ne devrait pas faire du mal de se quitter à la sortie de ce premier moment entre nous, celui où l'on a passé un cap. Les règles sont fixées. Mais je ne peux pas m'empêcher de jouer avec et de les contourner.  Mais je vais sans doute une fois de pus me rétracter - avec Justin. Je ne lui donnerai sans doute pas ce qu'il voudrait de moi. Et sans doute qu'on pensera tous les deux que c'est dommage. Hier quand même, il a peut-être eu l'impression que je voulais pactiser avec l'ennemi et rentrer dans sa morale. Dans son jeu où l'on trottine mais jamais on ne court après l'autre. De toute manière, on ne peut attraper personne, ce n'est pas écrit. Alors que mes règles sont tout l'inverse. D'abord on court, on s'essouffle un peu parfois, c'est comme ça, on s'attrape, et on se fait l'amour. Jusqu'à l'os. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien autour, pas même la peau, pas même la chair. Juste le jeu qui se termine là, dans une suspension de premier ordre. Et on relance les dés, pour une nouvelle partie à deux joueurs.
Mais en ce moment, je constate que les garçons de 22 ans préfèrent les jeux collectifs, les jeux en équipe.

Ecrit par lilou, le Mardi 8 Décembre 2009, 23:44 dans la rubrique Au jour le jour.

Commentaires :

LiliLou
LiliLou
12-12-09 à 10:51

Je suis charmée par ta manière de décrire l'amour, la course, la faim, la chute, l'aboutissement, le plus rien de deux affamés.

Les suspensions ça a quelque chose de terrible je trouve. La vie en est trop pleine.

Et pour ta pensée structurée (oui je réponds à l'envers de tes mots mais ma pensée n'est pas non plus extrèmement structurée!), elle est bien justement dans le fait qu'elle nous permet de sortir de cette structure. Si il n'y avait pas de structure, il n'y aurait aucun charme à l'outrepasser.

Bises à toi


 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
26-12-09 à 17:36

Re:

Oui je suis d'accord pour les suspensions, quele chose de terrible en effet.
"Si il n'y avait pas de structure, il n'y aurait aucun charme à l'outrepasser." Ca me fait penser à : il est interdit d'interdire... Tu as tout a fait raison. C'est charmant, cette débauche de l'esprit ;)

A bientôt...


 
May
16-12-09 à 12:18

Hier en cours, on parlait des danseurs. On niait la suprématie de la raison contre le corps. On disait que c'était uni. Qu'un ne pouvait pas aller sans l'autre. Alors mon prof a pris l'exemple des danseurs. Qu'il faut que la tête et le corps suivent.
J'ai pensé à toi à ce moment là. Et à ta force aussi.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
26-12-09 à 17:51

Re:

Merci May.
Tu ne t'imagines pas à quel point j'ai été touchée lorsque j'ai lu ton commentaire. Juste le fait de penser à moi en parlant de Danse dans un autre pays, c'est très... riche, comme ressentis. J'espère que tu pourras imaginer.

Pour ce qui est du corps et de l'esprit du Danseur, oui ils sont indissociables. Et pourtant malheureusement, l'un prime toujours sur l'autre. Ca se tiraille, comme dans les repas de famille à Noël!

Pour ce qui est de "ma force", j'ai un peu cherché dans le texte mais...

Des bisous


 
ninoutita
ninoutita
29-12-09 à 14:24

C'est un peu pareil pour moi en ce moment, niveau étude. Ca m'intéresse de loin, ce que je préfère c'est mettre en forme des projets de photographie, écrire des nouvelles et faire des claquettes.
Par contre, dans quel sens jeu collectif ?
Parce que mon garçon de 22 ans + 1 ans aime bien les jeux en équipe, dans le sens de faire l'amour à droite à gauche.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
29-12-09 à 14:34

Re:

Oui je voudrais avoir du temps pour mettre en forme en ordre en concret mes projets de spectacle, décriture, d'association, Danser beaucoup plus; Mais il y a cette putain de raison qui me dit de cumuler les Facs et de travailler. Voila je suis à paris, raccourci mes vacances pour tenter de ne pas trop mentir et rendre tous les devoirs à peu près à temps. C'est pathétique.
Pour les claquettes, sais-tu que la championne de France est dans ta fac, dans ta filière... j'peux te la présente un de ces quatre... tu en fais où?
Oui, c'est ça, les jeux collectif, à droite à gauche, ne surtout pas s'attacher à ce qui pourrait devenir l'exclusif... Ils n'en ont pas le temps, pas l'envie.
Et puis, je ne te cacherai pa que je faisais allusion aussi à des jeux en équipe de 3. Mais ça c'est une autre histoire, je raconterai...

 
ninoutita
ninoutita
29-12-09 à 14:47

Re:

Ah non je ne savais pas ! J'en fais un dans un petit club de danse, près de l'arrêt belair.
Je ne suis pas rentrée à Paris mais je ne profite pas non plus beaucoup de mes vacances, beaucoup de dossiers à rendre, je n'ai même pas encore commencé à réviser les partiels... Etant donné que ce sont mes premiers, je suis plus stressée qu'au bac haha.

J'aime bien voir à droite à gauche aussi, le problème c'est que je finis toujours par m'attacher. J'aime bien lorsque rien n'est officiel et que c'est officieux dure. Les garçons réussissent assez à ne pas s'amouracher. Une amie soutient qu'il n'y a pas vraiment de différences entre les sexes. Je soutiens l'inverse...
Ah, oui, les plans à trois, c'est à la mode aussi chez moi ;)

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
29-12-09 à 15:16

Re:

J'connais pas ce club...

Oui j'comprends pour les partiels, j'a aussi l'impression que c'était énorme, autant voire plus que le Bac. mais il y a moins de honte à passer au rattrapage à la fac que pour le bac, dans l'univers populaire bien sûr.

S'amouracher. C'est le mot. Je crois qu'en même que les filles ont ce côté fleur bleue dont les garçons savent se défaire.
Ce n'est pas vraiemnt à la mode chez moi, c'est arrivé, un peu par hasard, je ne sais pas comment je m'y suis embarquée à vrai dire. Mais c'était un léger plan alors...


 
ninoutita
ninoutita
29-12-09 à 15:31

Re:

Oh chez moi non plus, je suis assez traditionnelle. Mais j'ai l'impression que tout change autour de moi, et surtout ce genre de choses :)