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On peut juste être Toi et Moi

Dimanche 23/01/11. Et ce soir.

Paris, Place des Grands Hommes, je t'attends. J'ai pris le bus 86 pour venir de Bastille. Je me suis arrêtée à Collège de France, puis j'ai remonté la rue Valette. J'avais très froid aux bouts des doigts et je gardais pourtant mon livre de révision dans les mains - un livre sur le Marché des programmes, un truc trop dense que je dois avaler d'ici mardi. Et chaque fois, je pense atterrir de l'autre côté du Panthéon. Je t'ai attendu une dizaine de minutes, j'ai cherché la lumière que renvoyaient les néons de la façade de la Mairie du Ve, histoire d’éclairer les lignes noires, et j'ai mis mes gants entre temps. Je n'osais pas sortir mon nouveau joli portable de peur que tu ne surprennes mon impatience si tu arrivais dans mon dos. Avoir l'air cool et occupée. J'ai lu l'introduction qu'il faudra que je relise véritablement bien sûr. Lorsque tu es arrivé, en garçon bien élevé, tu m'as demandé bien sûr si tu ne m'avais pas trop fait attendre. J'ai dit que non, que j'avais mon livre de toutes les façons. Tu as suggéré un bar/café, alors on a marché environ 7 min pour y arriver. Dedans, tu as pris la banquette tu n'avais pas mangé et un peu faim alors nous avons commandé une assiette de charcuterie et de fromage, une pinte pour toi, un jus d'ananas pour moi. La discussion avait du mal à démarrer. Il faut le dire. D'habitude, je n'ai pas aussi peur de faire à côté. Nous avons parlé mille fois de nos partiels imminents, la peur bleue de louper, et vaguement de ton père. Non en réalité, il n'y a eu que quelques allusions. Mais je ne savais pas comment m'y prendre pour ne pas être gauche. - Le seul truc que j'ai fait, au moment de payer, c'est allonger un billet de 20. Je ne sais pas si tu as compris, c'était une sorte de soutien, pas financier, mais juste te dire tu comptes pour moi et je suis là. Alors ça non bien sûr, après réflexion, je ne vois pas comment tu aurais pu le comprendre. - On a regardé nos portables respectifs, et je crevais de peur que tu ne tombes sur les messages qui parlent de toi. - Tout comme, parfois, j'ai peur que Jan fouille dans le mien comme j'ai fouillé dans le sien quand il prenait sa douche l'autre jour -. On a parlé Cinéma, comme d'habitude en somme. Je t'ai demandé une nouvelle fois, en rigolant, de me présenter ton ami fils de, et tu as répondu « Non, tu vas tomber amoureuse après ». Je t'avoue que je n'ai pas compris. Au moment de t'accompagner fumer une clope, j'ai regardé la façade d'en face, et j'y ai vu une femme avec un long nez. Alors tu as cherché à la reconnaître aussi, et on s'est dit que ça devait être sympa de vivre ici, avec un donjon dans sa maison. Je t'ai dit que mon frère allait être papa et ai demandé des nouvelles de ta meilleure amie, nouvelle maman. Tu me disais qu'elle avait toujours eu besoin de ce cocon protecteur ; et on s'est dit que nous, on était loin d'être prêts pour devenir parents. En s'asseyant à nos places, je t'ai demandé la durée de ta plus longue relation. Un an et demi si on assemble les bouts de 3 ou 4 ans de départs, de partir fâchés, etc. Bien sûr, tu n'as pas demandé et toi ?. Et tant mieux finalement. De fil en aiguille, tu m'as dit que tu l'avais revu la semaine dernière, la fille, pour un café hein, tu es censé être un mec maqué quand même ! Alors voilà. On en est arrivé là. Tu m'as parlé de 'ta copine'. Et bien sûr, j'avais vu juste. Même si ça ne fait que 3 ou 4 mois, tu ne sais plus très bien, j'observe sur ton mur FB, et je sens sa présence même quand elle ne like rien. Mais tu le savais non? Non, comme aurais-je pu le savoir Alix? Oui c'est vrai, t'as raison... Mais je l'ai déjà amené l'année dernière au cours de... Je ne pouvais pas y assister tu sais. Et toi? Voilà, il m'a demandé Et toi? cette fois. Et je ne savais pas vraiment quoi répondre. Je ne voulais ni qu'il pense que j'étais à quelqu'un, et que je ne pouvais pas être à un autre - à lui -, ni décrédibiliser ma relation avec Jan. Et il s'appelle comment? J'aime bien avoir le prénom des gens. C'est vrai que toi Alix, tu m'as donné le prénom de 'ta copine' très vite. Et ça fait combien de temps? Et il fait quoi dans la vie? Et après, tu n'as pas arrêté d'en rire - sans méchanceté - mais tout de même. Pourquoi ne pas accorder plus de crédit à mon mec? Et les connotations de son prénom, et son âge, et sa famille juive, et. Pas une seule fois tu n'as dit que tu étais content pour moi. Je n'ai parlé un peu de Ken, mais là aussi, tu n'as pas trop voulu entendre. Ca, c'était sur le chemin du retour vers la BSG. Il pleuvait, cette fine pluie vicieuse et capricieuse que je déteste. J'avais très froid, rêvais d'un jogging. Je te l'ai dit bien sûr. Je rêvais aussi très fort de toi, presque à voix haute. Je n’en ai rien dit. Bien sûr. Mais je sais bien mentir. Surtout quand je souris pour toi quand on parle de ta copine. D'ailleurs, je te disais mes envies de sexe pendant les partiels à chaque fois, et ensuite, j'ai compris, ce que tu vivais avec elle. C'est simple et c'est ce dont j'ai besoin en ce moment. Oui je comprends. Si je la vois pendant les partiels... Bref. J'aimerais être la fille que tu vois, avant ou après les partiels, celle avec qui tu bois un truc chez elle, celle que tu baises celle avec qui tu fumes un joint en écoutant de la sic. Et celle auprès de qui tu te réveilles à 14h le lendemain. Comme elle l'est. Plus tard, en rentrant, ou bien le lendemain, je me suis demandée si c’était à ça que j’aspirais moi aujourd’hui. Et foncièrement, je me suis qu’écouter un son avec toi, joint dans la bouche ou ta bouche dans ma bouche, ce serait bien plus fort que ça n’en parait, vue d’avion. Parce que la simplicité peut avoir quelque chose de très fort. Mais nous deux, ça ne serait pas fort. Amoureux ? Ca serait amoureux tu vois. C’est drôle, tu m’as parlé de relations passionnées – passionnelles – je ne savais pas que tu maitrisais ce genre d’approche de l’autre. Toi, Alix.

Mais je ne suis que la fille adorable qui te trouve les cours tapés, celle que tu laisses sur la place du Panthéon, celle à qui tu tiens le coude en lui claquant deux bises dans le froid de janvier. Celle a qui tu dis pour dernier mot, on s'appelle demain pour savoir si on n'est pas trop déprimé par les révisions. Celle qui est littéralement - ou littérairement je ne sais plus - amoureuse de toi. Alix. Dans la peau, je t'ai dans la peau. Sur sous et dans la peau.

Celle que bien sûr, tu n’as pas appelé le demain soir en question. Celle à qui tu n’as pas reparlé du café de mercredi soir. Voilà. Mais je pense que la vie avec toi en vaut la peine. Alors je m’accroche. Nous n’en avons jamais parlé. Mais en tout cas, je sais que je t’ai sacrément dans la peau.

Ecrit par lilou, le Vendredi 28 Janvier 2011, 01:40 dans la rubrique Au jour le jour.

Commentaires :

aubes
aubes
29-01-11 à 15:03

Tu portes si bien le détail. C'est un peu comme une défocalisation, la vue d'avion à la fin. Le décollage? C'est fort.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
31-01-11 à 20:23

Re:

Grand merci...

 
Revilio
Revilio
04-02-11 à 00:58

Toujours aussi sincère, toujours aussi triste, toujours aussi beau.... Bravo!

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
10-02-11 à 00:38

Re:

Merci, vraiment beaucoup...