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La nuit dévoile son torse imberbe

Hier soir, j'étais son amie. La seule à qui il parle encore. Il s'est endormi avec mes caresses sur la nuque et sur la tête et, toute la nuit, je l'ai serré fort très fort dans mes bras. Dans ses yeux cernés, je pouvais voir la tristesse qui ne savait pas comment sortir de ce corps défait. Vidé.
Celle d'avant n'est pas fine, elle est méchante et injuste avec lui. Ils se lancent des mots que je ne voudrais jamais recevoir de lui ou d'un autre. Elle appelait et envoyait des messages. Et je me demandais pourquoi j'aurais pu accepter qu'il lui réponde. Je suis une éponge qui absorbe tous ses gémissements et qui l'aide à repartir de Bastille le coeur plus léger. Du moins, je lui souhaite.

J'ai passé plusieurs jours aux C*fé des A*g**. Je me sens devenir une habituée shootée à la caféine comme les alcoolos du comptoir. Le portraitriste qui nous avait tenu la jambe avec M. me dit bonjour comme si nous étions de vieilles connaissances du 11e et, de temps en temps, je sens son regard posé sur moi. Il s'ennuie, je crois. Hier, j'avais un col claudine de petite parisienne et une queue de cheval pour être sûre de bien travailler. A dire vrai, je ne sais toujours pas quand je me réveillerai pour de bon. Il est grand temps que je me secoue. Mais je suis fatiguée, si fatiguée, et je crois que mon coeur y est pour quelque chose parce que je le sens pomper plus que nécessaire.

Nous dépensons le peu d'argent qu'il nous reste encore dans des petits déjeuners, des dîners ou des spectacles mais je profite, je profite puisqu'après, il n'y aura plus de sens à commander des pâtes aux artichauds, à réserver des billets de train ou à partir à la mer. Plus de sens et plus d'économies non plus. Dans la voiture de sa grand-mère, il a retrouvé les traces de ce court week-end hors de nos réalités : Michoko boîte à gants, biscuit, bouteille d'eau.

Cela fait plusieurs matins que je me réveille auprès de lui étouffant de chaleur. Je me déshabille très vite et ça le fait rire. Mais quand nos épidermes se rencontrent une nouvelle fois dans la même perfection, les rires se transforment en une tendresse délicieuse.

Hier soir, j'étais son amie, pourtant, il a joui longtemps, plus longtemps et plus fort que d'habitude. Il a demandé ce qu'il se passait et je n'ai pas su quoi répondre d'autre qu'une caresse sur la joue dans un sourire - de fierté peut-être. Il disait aussi qu'il aimait se marrer avec moi pendant l'amour. Et je crois qu'il sait que la réciproque est vraie.

Ecrit par lilou, le Lundi 12 Novembre 2012, 14:26 dans la rubrique Au jour le jour.

Commentaires :

eveildessens
eveildessens
14-11-12 à 21:10

coeur

"Elle l'aimait trop pour pouvoir admettre que ce qu'elle qualifiait d'inoubliable pût être oublié"...

Et "nous traversons le présent les yeux bandés. Tout au plus pouvons nous pressentir et deviner ce que nous sommes en train de vivre. Plus tard seulement, quand est dénoué le bandeau et que nous examinons le passé, nous nous rendons compte de ce que nous avons vécu et nous en comprenons le sens"...


 
eveildessens
eveildessens
17-11-12 à 12:50

Re: coeur

Milan Kundera