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Etre là, au sud de nulle part

Je ne sais pas comment je vais faire. Je veux dire sans lui. Depuis qu'il s'est tiré, il ne se passe rien, je ne passe rien, je ne fais rien bouger. Je reste là, insatiable et latente. Dans cet état d'avant que je croyais avoir quitté. C'était trop facile. L'avoir rencontré passer une soirée dans le couloir à la fenêtre d'un appart de Châtelet tous les deux se revoir plusieurs heures d'affilées et commencer à découvrir Paris avec ces yeux à lui sa copine qui le lâche quelques messages pour entretenir la relation se revoir visiter le Paris des touristes se déclarer au bord des quais de Seine se faire des toiles jouer et retenir sa respiration dans le lit bouffer son oxygène manger des glaces et avoir des cailloux dans les spartiates ressentir qu'on se ressemble qu'on est comme un calque posé l'un sur l'autre subir l'arrêt de cette histoire qui, je le ressentais, allait être si bouleversante - oui parce qu'elle aurait changer beaucoup de choses. Ses doigts m'ont transpercé le corps comme aucun autre ne l'avait fait. Je ne mentais pas, je ne trichais pas, s'en était presque trop parfois. J'en avais presque mal tellement c'était bon. C'était un mardi, le 11 août, c'était un mardi. Il m'avait dit que je le fascinais. Alors qu'en fait lui et moi, c'est pareil.

Je commence à ressentir le manque, oui parce que c'est bien de cela dont il commence à s'agir. Je manque de lui. Je manque de sa tendresse. Je manque de nous aussi beaucoup. Demain, je voudrai lui demander de dormir avec moi. Mais je crois que ça ne se fait plus maintenant. Seulement ça me semble tellement naturel. Nous deux. Je veux dire je ne comprends toujours pas et sans doute que lui non plus. Je ne me suis pas rendue compte, au début, quand il avait tout arrêté en cours de route. Et puis après, il y a eu ces jours entiers à me réveiller en pensant à lui, à fermer les yeux en imaginant nos deux corps s’endormir ensemble. D’habitude, je n’aime pas forcément dormir avec quelqu’un d’autre. Mais je ne sais pas, il y avait tellement de douceur dans notre été. Je me levais au dernier, tout dernier moment, histoire de profiter depuis l’intérieur. Parce que le sentir me faisait du bien, l'impression que dans ces bras j'étais quelqu'un.

C'était trop facile. Ce changement qui arrivait, ce changement que j'attendais depuis 4 ans, il ne pouvait pas aboutir avec cette rencontre évidente, claire, et bleue. Petite conne, ça ne t'arrive jamais comme ça. Aussi calmement, aussi simplement. Bien sûr qu'en la facilité je ne crois pas beaucoup. Je ne fais pas depuis. Parce que je passe le temps dans une mélancolie assassine. Je me force à être efficace dans la solitude. Ca ne marche pas. Je ne suis pas constructive, je ne suis pas rentable. Je sais qu'il faut faire même si c'est pour défaire après. Mais là vraiment, c'est trop pour moi.

Ecrit par lilou, le Mercredi 30 Septembre 2009, 02:24 dans la rubrique Au jour le jour.

Commentaires :

Royal-ornythorinque
Royal-ornythorinque
30-09-09 à 11:10

quand c'est mal écrit il faut le dire...

... mais quand c'est ciselé, brisé avec tendresse, bleuté et que ça prend aux tripes et aux prunelles, ben faut le dire aussi. J'aime beaucoup ce que vous faites de votre vie.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
04-10-09 à 20:33

Re: quand c'est mal écrit il faut le dire...

Je dois dire, merci. Pourle bleu que vous y voyez.
Et puis pour cette dernière phrase, qui je dois le dire m'a intrigué, et que je n'ai pas vraiment comprise. Parce que je ne vois pas beaucoup ce qu'on pourrait y aimer. Bref.


 
Mickaël
30-09-09 à 16:31

Ce post est touchant. Tout ça, c'est tellement vrai. Tellement douloureux aussi. Je comprends, le doute, les questions, cette impression de stagner. Et ce manque. Et j'en arrive à cette question : Que faut-il faire ? Et surtout comment faire ? Si tu trouves la réponse avant moi, j'suis preneur.

Sinon, le sud de nulle part, ça me fait sourire, parce que ça me rappelle un endroit précis de Paris. (Bon, ok, cette anecdote est inutile, j'en conviens... -> Je sors)

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
04-10-09 à 20:35

Re:

Non pas du tout inutile! Quel endroit? Peut-être que je le connais, que j'y passe du temps...
Tu vis à Paris maintenant alors?

Pour le reste, c'est oui, euh, sans réponse pour l'instant. Je ne sais pas. On me dit de prendre du recul, et je sais qu'il faut que j'apprenne à passer à autre chose, à ne pas rester si attachée.
Si tu sais faire, alors ce serait peut-être un élément de réponse non?


 
Mickaël
04-10-09 à 21:34

Re:

Boulevard Saint Germain, dans le 5ème, un restaurant qui s'appelle "Au sud de nulle part". J'y suis allé par hasard, parce que le nom m'avait fait sourire. Alors j'ai fait le rapprochement. Peut-être que tu connais, ou pas. Moi j'aime me balader comme ça, dans les arrondissements, et découvrir des boutiques, des restos, des cafés, des lieux. Je cherche des repères, vraiment. Et j'adore me balader, donc, ça tombe bien.

Et donc, pour te répondre, oui, je vis à Paris. Enfin presque. Boulogne-Billancourt. C'est presque Paris, non ?

Sinon, "ne pas rester attaché", euh... peut-être. Le souci, c'est que je m'attache à toutes les personnes que je connais. Beaucoup. Trop. Bah, on s'refait pas j'crois.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
04-10-09 à 21:49

Re:

Je voulais te le dire et puis j'attendais de voir. Ta réponse.
Un jour je suis sortie d'amphi, un lundi soir, et en prenant le bus pour rentrer chez moi, il y avait juste en face ce restau, Au sud de nulle part. J'ai forcément écrit ça dans les brouillons de mon portable. Ces petites phrases que je repère et qui s'accumulent... Et quand j'écrivais l'article, j'ai entendu "Etre là, nulle part". J'ai repensé à ce restau et et j'ai fait un mix des deux...
On se prendra un verre là-bas un de ces quatre si ça te dit ;)

Oui oui, ne pas s'attacher, un peu trop dur pour nous on le sait...


 
Mickaël
04-10-09 à 22:32

Re:

Paris est petit, finalement, malgré ses 105km² de superficie. Et ça me fait sourire, de voir sur un blog, le nom d'un lieu que je ne suis pas le seul à "connaître". J'étais loin de m'imaginer que t'avais pensé à ce lieu là, quand même. Il y a des noms accrocheurs...

Pour un verre là-bas, moi je ne dis pas non.
Je dis même : pas de soucis, avec plaisir ;)

 
May
01-10-09 à 09:56

( J'étudie la Philosophie en Espagne.  C'est un peu dur pour le moment, beaucoup plus que je ne pouvais l'imaginer d'ailleurs. A l'université, je suis la silencieuse. Cela ira, il faut que je profite oui. Mais pour cela il faut que des mots espagnols parviennent à sortir de ma bouche un peu plus naturellement... . )

Bon courage à toi aussi,
j'espère que cela ira. Avec ou sans lui.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
04-10-09 à 20:38

Re:

Merci, oui ça ira, avec le temps, on dit que ça va toujours.

Le silence, ce n'est pas grave, il faut juste rester les yeux grands ouverts et ne pas se braquer parce qu'on ne comprend pas tout je crois... J'espère que tu y passeras de beaux moments.


 
May
04-10-09 à 20:48

Re:

Je croise les doigts pour. Dis, tu vas bien toi ? 

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
04-10-09 à 20:55

Re:

Moi c'est pour toi que je croise les doigts. Mais je suis convaincue que tu vas vivre de superbes moments, parce qu'être jeune et découvrir d'autres villes, d'autres gens, ça ne peut qu'être bénéfique... :)

Ta quetion me touche May. Je suis malade! Non ce n'est pas la question. Disons que non, ce n'est pas vraiment de supers jours qui s'alignent : je ne comprends pas pourquoi il est parti vu ce qu'il s'est passé entre nous, je ne sais pas vraiment quels masters choisir, et j'ai peur d'être bien trop à côté de ma vie (Danse, ...)

(voilà en gros...)

Il fait chaud chez toi?


 
May
04-10-09 à 21:09

Re:

Oui, il fait chaud. Enfin je crois. Même si j'ai froid là, et que je suis sous ma couette. Il y a des jolies moments ici, et des très moches. Une relation à distance est dure à assumer. Je me sens souvent très égoïste. Beaucoup trop.
Puis, tu sais, si je suis partie, c'est parce que je n'ai pas su choisir. Je suis partie pour ça, pour éviter de choisir. J'ai fui mes responsabilités, ces choix cruciaux pour mon futur. Je me suis dit que le temps permettrait de donner des réponses, d'éclaircir mes choix. Que découvrir un autre pays, parler une autre langue cela serait toujours un plus. Je ne suis pas sure que cela fonctionne comme ça, que cela soit aussi simple. On verra. J'essaye de ne pas me poser trop de questions. J'essaye ( c'est dur).

Bon courage. Je ne peux malheureusement pas te donner de réponses. Je pourrais te souhaiter qu'il revienne, oui. Oui, mais alors avec des explications. Parce que sinon, non. Il risquerait de disparaitre à nouveau.
Dis, tu vas faire un master en lettres modernes, c'est ça ?
Puis, bon rétablissement, bon rétablissement.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
04-10-09 à 21:21

Re:

Bizarrement c'est exactement ce qu'il faudrait que je fasse, avoir du répis et partir à l'étranger. Ce n'est pas la fuite non. C'est juste histoire d'oublier, les responsabilités, le reste. Je vois ça comme a. Je l'écrivais toute à l'heure, j'ai peur que ce soit l'année de trop ici pour moi. Tu as bien fait je crois d'aller à l'aventure. Et puis elle n'est pas si loin que a ta nouvelle vie. Ton amoureux il a l'air amoureux. Et même si c'est égoïste, si on ne l'est pas à 20 ans alors quand?

Oui j'espère qu'il reviendra. Il n'est pas parti sans qu'on se parle, au contraire. Mais ni lui ni moi ne savons pourquoi il est lunatique. Je dis qu'on est pareil, mais il s'est passé quelque chose de vraiment moche cette semaine. Bref.
Pour les masters, oui j'ai un joli projet sur la Danse en M1 Lettres. Mais je sius inscrite en M1 Danse, et j'ai la chance de pouvoir continuer à faire de la comm. dans un bon établissement. Et je ne sais pas ce que je vais franchement faire...
Et puis il y a le conservatoire, aussi.


 
May
04-10-09 à 23:18

Re:

Partir pour le moment, n'a rien éclaircir du tout. Au contraire même. On ne part pas en laissant ses doutes et ses peurs au seuil de l'aéroport même si on le voudrait. Non, ils sont là. Et pour le moment, ils sont même accentués. En voulant fuir, je crois qu'ils me hantent.
Bien sur, il y a des moments de vie très forts en Erasmus, bien sur il y a des instants inoubliables. Ce sont des instants entre parenthèses. Je n'arrive pas à prendre du recul, à y voir plus clair. Je croyais mais non. Tout est flou ici aussi. Enfin peut-être, et je l'espère que cela viendra. Je te dirai ça dans quelques mois, ou dans un an peut-être.
Il faudra d temps aussi pour s'auto-convaincre que vivre seule ici, que tout quitter n'est pas si égoïste. Oui, il me faudra du temps pour parvenir à l'assimiler. Je n'y arrive pas pour le moment.

C'est chouette pour le master. C'est quoi ton sujet si ce n'est pas trop indiscret ?  Cela me faisait peur de continuer en Master. Je me sens encore infiniment petite. C'est aussi pour ça que partir me faciliter la tâche. Partir en Espagne ne me permettait pas de poursuivre un M1 de Lettres Modernes à distance. La question ne se posait donc pas pour cette année. La question se posera l'an prochain. Pour les lettres, la philosophie. Ou une autre voie.

Alors oui, j'espère que vous vous arriverez à vous comprendre. Il ne suffit pas d'aimer, il faut comprendre. C'est une phrase de Sagan que je trouve très vrai, très percutante. Aimer n'est malheureusement pas suffisant.

Je t'envoie de la douceur d'Espagne. Et du courage, pour tout. Pour tout.