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J'ai le coeur grenadine

Vendredi 08/08/08.

Je photographie souvent le ciel. Et j'ai parfois l'impression qu'il reste inchangé. A chaque fois du bleu derrière les nuages qui s'épaississent constamment. Je pleure souvent, c'est vrai, ça coule comme quelque chose auquel je ne m'attendrais pas. J'ai le vague à l'âme. Mais pas de ces vagues qui emportent les planches non. Ces vagues qui engloutissent les pleurs pour ne pas que ça se voit. Ces vagues qui s'enroulent dans les flots de ma vie un peu trop compliquée par moment. Un peu trop décousue, floue, soûle. Je sens mon corps qui n'a pas réellement travaillé depuis le début de juillet. La Danse n'a plus perlé de mon front, de mes membres. Et je le ressens dans mon corps raide. Mes jambes qui tremblent et mon corps mou. 

J'essaie de savoir qui je suis, mais au fond je ne trouve pas. Je joue mon propre rôle. Oui mais lequel? Celui de la cérébrale qui passe son temps à contredire, celui de la jeune provinciale venue étudier l'Art à Paris avec plein d'ambition. Tout est différent, tout est différent. Est-ce que j'en suis si sûre que ça? Vraiment. C'est vrai que je me pome souvent dans mon avenir, dans ma vie [tracée] d'encre de chine. Pour qui je passe ici? A quoi je ressemble dans les mots? Mon frère parlait de maison a acheté, de foyer à construire, de 13ème mois sans doute aussi. Tous ces trucs d'adulte qui ne me touchent pas. Mes importances sont ailleurs. En partant, il m'a lancé 'Tu préfères une vie en vrac comme la tienne?'. Je n'ai pas su quoi répondre. Je n'ai pas eu le temps de comprendre, juste de penser à Klapisch. Et puis 'une vie de patachon'. Regard interrogateur vers mon père : 'c'est une vie tête en l'air, tu passes pour une fille comme ça Lucie'. Une vie où rien n'est réglé, une fille qui n'a aucun des deux pieds sur terre. Je suis attachée à croire que c'est possible. J'y pense, je réfléchis, j'essaie de voir où je veux m'amener mais je cale. En plus, il n'y a pas tout le temps de joker. Est-ce que moi aussi je suis un imposteur quand je m'écris, est-ce que la passionnée ne se cache pas derrière des beaux principes, auquels elle croirait à peine, un peu trop cernés pour être sincères. Il y a toutes ces choses que j'aimerais dire, que je vis. Et pourtant ici, ce sont les mêmes mots, la même souffrance, le mal de lui. A croire qu'il n'y a rien d'autre. Alors que. C'est juste qu'on ne prend pas le temps de raconter ce qui est bien aussi. J'ai parfois le coeur enguirlandé de doux moments qui clignotent et scintillent dans ma mémoire. J'ai parfois le coeur enguirlandé aussi.

Ecrit par lilou, le Mercredi 13 Août 2008, 23:00 dans la rubrique Au jour le jour.

Commentaires :

ecilora
ecilora
13-08-08 à 23:19

" J'ai parfois le coeur enguirlandé aussi." J'aime cette phrase. Ce sourire pour finir. Comme si on avait oublié que tu pouvais sourire ici. Tu sais, je disais que les mots peuvent être si dérisoires parfois. Si. Juste qu'on voudrait qu'ils puissent rendre compte de tout ou presque. Et que ce n'est pas le cas.
Je m'interrogeais sur mes ambitions, il n'y a pas si longtemps. Et je me disais que celles que je me fixais, je faisais en sorte de pouvoir les atteindre. Et je n'en ai pas changé pour autant. Pas pour l'instant. Mais ça a brisé quelque chose. Tout de même.
Je souris quand je repense à ma mère qui trépigne quand en me demandant ce que je fais demain, je lui réponds je ne sais pas. il leur faut tout, noté sur un agenda et attention, prenez garde à ne pas manquer un seul rendez-vous. Oui, c'est peut-être ça grandir. Seront-ils heureux? oui, certainement. Le serons-nous? Il n'y a pas encore de réponses à ça. Il y a seulement un simple souhait.
On n'est pas encore prête à s'engager sur 25 ans. C'est une trop longue distance à parcourir. C'est interminable cette période. On n'en a même pas encore le compte. On ne l'aura jamais. J'espère. "tu passes pour une fille comme ça Lucie" à le lire comme ça, je prendrais presque ça pour un reproche mais je n'ai pas l'intonation. Tu passes pour une fille comme ça Lucie. Et c'est certainement pour cette raison qu'on se retrouve ici. Moi, je me souviens encore qu'il y a un moment maintenant, on ne souhaitait qu'atteindre un pays imaginaire. :)

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
13-08-08 à 23:39

Re:

Comme si on avait oublié que tu pouvais sourire ici. Moi aussi j'ai oublié. En vrai, j'ai presque oublié qu'il m'aarrivait de sourire aussi dans ma vie. A moins que ce soit quelque chose de très gros que je ne peux pas louper. C'est vrai ils ne rendent pas comptent de tout les mots. A preuve, le ton. Ce ton pour cette phrase là n'était pas un reproche. Parce que mon père est comme moi. On n'y peux rien. C'est plutôt que je passe une fille comme eux, mais pas comme nous. Tu sais ces gens qui sont normaux. Ce pays, je ne le veux plus vraiment. C'est moche (ou pas?!) à dire, mais j'ai changé, j'ai vieilli. Il y a eu mes 19 ans dans la gueule, mes erreurs, mes échecs. Lui, puis lui. Et je ne crois pas vraiement d'autres luis qui ont trop compté. Ou peut-être que je les oublies peu importe. ET ce pays vraiment, je crois qu'il n'est plus à ma portée et que de toute façon, je ne m'y plairai plus. Je veux faire de l'extraordinaire avec le normal. Peut-être que je passe pour une fille normal ( pas artiste ) en cemoment, mais j'ai envie de dire qu'ils verront tous. Et même si je me plante, ils verront comme je me suis bien plantée. On n'est pas de celles à s'engager à 25 ans et pour 25 ans. Mo en tout cas. C'est ainsi. Et els parents font avec nos réelles différences. J'espère juste qu'ils savent ce qu'ils font et qu'ils ne font pas trop tant que ça.


 
ecilora
ecilora
13-08-08 à 23:53

Re:

Toi, tu dis vieillir, je reste sur le mot grandir. Peut-être qu'il n'y a pas grand chose au niveau du sens. Mais pour moi, il y a une séparation entre les deux termes. Bien sûr qu'il n'en est plus question de ce monde là. Bien sûr. En quelques années, on s'est encore un peu plus encrée dans la réalité. La tienne ou la mienne. Je ne sais guère. :)
Moi, mes parents, ils s'entêtent à me dire qu'il faut que je gagne bien ma vie. Parce que tu sais la vie... Et ça me fait sourire. Doucement. mais doucement. Je crois juste qu'il ne gère pas bien leur budget. On est à peu près d'accord sur ça avec ma soeur mais ce ne sont pas nos affaires. Bien sûr faut que ça me plaise. Mais quand même. Gagne bien ta vie. Alors bon... je ne sais pas trop ce que je leur ai causé comme souci quand je me suis embranchée dans le domaine culturel. Puisque bon. :)
"Avec les mots de tout le monde, écrire comme personne." C'est dans l'idée. Et pour l'instant, rien n'empêche. rien ne t'en empêche. Mes 25 ans me paraissent si loin encore que je ne m'aventurerais pas à faire des prévisions sur ce que je ferais ou pas. mais pour l'instant. Bien sûr qu'on ne s'engage pas sur tant de temps.

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
14-08-08 à 00:01

Re:

Parce que publié à 23h53, et que mon horloge n'indique que 23h46... C'est toi.

Bien sûr qu'il y a une différence entre les deux termes. Et jamais je n'ai dit que je grandissais. Encore une fois vieillir c'est la fatalité, grandir c'est toi qui décide (ou la vie). Elle a bien failli me piéger mais je crois qu'elle est en trian de louper son coup. Tant mieux.

25 ans c'est. UNe date butoire je crois. je n'aime aps les dates butoires. Je n'aime pas les dates.


 
ecilora
ecilora
14-08-08 à 00:04

Re:

Je crois que tout dépend de la manière dont on perçoit les termes. Question de point de vue. Grandir c'est pousser, vieillir c'est flétrir. Alors évidemment, on pourrait en débattre toute la nuit...

Non, l'heure, c'est joueb. Chez moi il est 23h49. On est encore le 13. Mais ici non. :)

J'avais cru comprendre. Que les dates et toi...


 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
14-08-08 à 00:08

Re:

Oui les dates, l'heure, le calendrier. Et beaucoup d'autres choses encore.

QUestion d'association de penser encore. Le festival et Harry Poter... ;)

Pas toute la nuit le débat, parce que bientôt au lit...


 
ecilora
ecilora
14-08-08 à 00:15

Re:

Oui. Je n'oublie pas. Que demain mon neveu débarque à 8h30. Et que toi. Tu te lèves aussi. :)

 
Phiphine
14-08-08 à 11:10

Tu te demandes à quoi tu ressembles dans les mots. Je ne sais pas à quoi tu ressembles mais tu touches, en tout cas, beaucoup. C'est vrai qu'aujourd'hui, je cherche un peu des excuses pour ne pas travailler, pour ne pas voir passer la journée et me retrouver tout de suite dans ce moulin, ce long w-e entre amis. Mais je crois que même si je ne me cherchais pas d'excuses... ça n'aurait pas changé grand chose. En arrivant ici, suivant un lien sur un blog familier, je serais restée scotchée. Comme aujourd'hui. Comme maintenant...

Ils sont drôlement beaux, tes mots, et justes. Puis, franchement, une vie en vrac, même si c'est pas toujours "confortable", c'est beaucoup plus passionnant qu'une vie bien rangée dans des tiroirs étiquetés. Mais bon, ça c'est juste mon avis...

 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
15-08-08 à 11:06

Re:

J'ai aussi aterri chez toi il y a quelques jours en suivant un lien que je venais de découvrir... Merci. Merci beaucoup pour tous ces mots, qui ne sont jamais de trop. Au contraire. C'est avec des comme ça que des fois il y a des souriresn justes doux, sur mes lèvres.

C'est vrai que 'le confortable' est à revoir concernant les vies en vrac. Mais au fond j'ai choisi, on a choisi. Ou même pas. C'est comme ça, c'est innée, ça fait partie de moi et je ne saurais pas comment y échapper de toute façon. Ton avis je l'aime bien, j'aime bien aussi cette image de tiroirs étiquetés. Je l'aime bien mais elle me ferait flipée si. 'passionnant'; il n'y a que ça que je recherche. Même si la Pasison n'est pas là pour tout, je ne marche qu'aux coups de coeur.

Et bon WE avec tes amis, j'espère seulement que tu as réussi à travailler un peu, au moins à faire ce que tu avais à faire... ;)


 
aubes
aubes
14-08-08 à 22:56

Si je savais plier le papier en petits bateaux, j'en soufflerais plein dans ces vagues. C'est tout de même plus joli que les planches.
(Et pleurer souvent, ça fait du bien parfois. C'est du moins ce que je constatais à la fin de ce printemps.)

Je ne suis pas sûre qu'on ait vraiment besoin de savoir qui on est, de trouver des certitudes, de savoir exactement où l'on va. Pas déjà. Pas parce que d'autres le font. On a le droit de se perdre autant de fois que nécessaire avant de trouver le chemin que l'on pense être le bon, et je pense qu'on devrait même ne pas appeler ça des pertes. C'est quelque chose de bien plus positif.
Ici, tu ressembles à quelqu'un de vivant. Tu vois, tu ris, tu Danses, tu pleures, tu ressens, tu écris. Tu as dix-sept ans et je ne sais combien de mois. Même avec l'impression d'avoir vieilli-grandi peu importe, ces dix-sept sont restés en toi.

Je crois que c'est possible, moi aussi.

Et ces moments scintillants tu les évoques, alors on les imagine, et ils apportent cette douceur et des couleurs à cette vie que l'on devine de toi.


 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
15-08-08 à 11:20

Re:

Les planches à voiles ça peut-être joli aussi sur de l'eau d'Australie... Tes bateaux casseraient sûrement les vagues et les rendraient moins hautes... (Pleurer souvent, oui, ça fait du bien, mais du mal aussi je trouve. C'est du moins ce que je constate en ce moment même).

Je suis d'accord qu'il ne faut pas chercher d'explications à tout dans la vie. J'ai l'impression souvent d'être une fille en vrac, émerveillée, rêveuse mais qui flippe souvent. Tu sais cette peur de l'échec qui ronge, cette envie de tout réussir tout le temps. Et surtout de ne pas se perdre. Je ne m'en donne pas le droit. J'ai tellement l'impression de savoir ce que je veux vraiment, cette vraie envie en moi, et pourtant je prends des chemins décousus. C'est ça qui me ronge, qui fait, mal. Je suis en paradoxe.

"Ici, tu ressembles à quelqu'un de vivant. Tu vois, tu ris, tu Danses, tu pleures, tu ressens, tu écris. Tu as dix-sept ans et je ne sais combien de mois. Même avec l'impression d'avoir vieilli-grandi peu importe, ces dix-sept sont restés en toi." C'est juste que si au moins toi tu me vois comme ça, je ne triche pas totalement alors. Parce que c'est ça. La Danse, les pleurs mêlés aux rires et puis mes 17 ans.

Merci, merci, merci. De voir un peu de couleurs parfois. Et d'y voir de la vie aussi, tu sais, c'est ça qui importe je crois - de la vie.


 
Becky
15-08-08 à 02:41

"C'est juste qu'on ne prend pas le temps de raconter ce qui est bien aussi." Comme c'est vrai, ça :-) Mais c'est une erreur... au contraire, les beaux moments, il faut les fixer aussi, pour se souvenir qu'on peut avoir le coeur enguirlandé comme tu le dis...

Quant à la vie en vrac, c'est ce que disent souvent les gens qui ont une vie bien rangée... et qui le regrettent !

Très joli texte en tout cas :-)


 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
15-08-08 à 11:14

Re:

Je trouve ça plus difficile à écrire les jolis moments pour être franche. Mais tu as raison, il faudrait les 'fixer' aussi, ça doit être important de se relire heureux... Parfois je me dis que ç'est là, dans la mémoire et que ça ne partira pas. Alors que si. Et je me rends compte que c'est dommage d'avoir oublié.

C'est vrai qu'il doit y avoir de la jalousie dans tout ça. C'est vrai que ces gens bien rangés doivent regretter de ne pas avoir eu de Passion qui les portent. Même une Passion souvent dévastatrice. Mais quand je vois mon frère, heureux de ce qu'il est en train de construire, je me dis que non, vraiment, il n'aurait pas aimé avoir une vie comme la mienne. tu sais de ces vies qui se jouent à taton? Peut-être que c'est l'âge aussi, qu'il a cinq ans de plus que moi et qu'il aime s'assumer.

Merci en tout cas ;)